Accueil — Ressources

Votre bien au Maroc est imposé au Maroc : que devez-vous déclarer en France ?

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Ile-de-France. Mis à jour le 13 juillet 2026.

« Mon appartement est au Maroc, il est imposé au Maroc, donc la France n’a rien à voir là-dedans. » C’est le raisonnement le plus répandu, et le plus dangereux. Imposable au Maroc, oui. Invisible en France, non. Voici la nuance qui évite un redressement.

1. Le point de départ : votre résidence fiscale

Tout dépend d’abord de votre statut. Si vous êtes résident fiscal français, vous êtes en principe imposable en France sur l’ensemble de vos revenus, qu’ils soient de source française ou étrangère. C’est le principe de l’imposition mondiale.

Si vous êtes résident fiscal marocain, la logique s’inverse : vous n’êtes imposable en France que sur vos revenus de source française. D’où l’importance de trancher cette question en premier, ce à quoi nous consacrons un article dédié.

2. Ce que dit la convention pour l’immobilier

La convention fiscale franco-marocaine du 29 mai 1970 attribue l’imposition des revenus et des gains immobiliers à l’État où se situe l’immeuble. Source : BOFiP, convention fiscale France-Maroc.

Vos loyers de Casablanca et la plus-value de revente de votre appartement de Marrakech sont donc bien imposables au Maroc. Sur ce point, le réflexe commun est juste.

3. Mais l’imposition au Maroc ne vous dispense pas de déclarer

Le nœud du problème.Attribuer le droit d’imposer à un État ne signifie pas rendre le revenu invisible dans l’autre. Résident français, vous devez porter ces revenus à la connaissance de l’administration française. C’est ensuite le mécanisme prévu par la convention qui neutralise la double imposition, selon les modalités qu’elle définit.

Autrement dit : la convention vous protège d’être imposé deux fois, elle ne vous autorise pas à ne rien dire. Ce sont deux choses différentes, et c’est exactement là que les contribuables de bonne foi se trompent.

4. L’erreur qui coûte cher

Omettre ses revenus marocains dans sa déclaration française n’est pas une optimisation : c’est une omission déclarative. Elle peut être régularisée, mais elle expose à un rappel assorti de pénalités, souvent sur plusieurs années.

Et le contexte a changé. Les échanges d’informations entre administrations se sont considérablement développés. Miser sur l’opacité d’un bien détenu à l’étranger n’est plus une stratégie tenable, à supposer que ce fût jamais le cas.

5. Le réflexe complémentaire : vos comptes

Un bien locatif au Maroc s’accompagne presque toujours d’un compte bancaire marocain pour encaisser les loyers et payer les charges. Ce compte fait l’objet d’une obligation déclarative distincte en France, dont l’oubli est sanctionné. Nous y consacrons un article entier, tant l’erreur est fréquente.

6. La bonne méthode

Traitez la situation dans son ensemble, et non par moitiés. Le sort de votre bien marocain se joue sur trois plans : votre résidence fiscale, l’imposition marocaine elle-même, et le traitement correct dans votre déclaration française, y compris vos comptes. C’est précisément à la jonction de ces plans que se produisent les erreurs, parce que chaque conseil ne regarde que son côté de la frontière.

Pour aller plus loin

Un bien au Maroc, une déclaration en France

Nous traitons votre situation des deux côtés à la fois : imposition marocaine, obligations françaises, et articulation conventionnelle.

Faire le point
Prendre rendez-vous