Expertise comptable · Infirmiers libéraux (IDEL)
BNC, micro ou réel, remplacements et collaborations, cotisations CARPIMKO, frais de tournée : on sécurise votre comptabilité et on optimise votre revenu d’IDEL.
Ce que nous gérons pour vous
Compta et liasse 2035 calées sur la réalité d’une activité d’IDEL.
Indemnités kilométriques, véhicule, matériel : on optimise vos frais de tournée.
Bon statut pour remplas et rétrocessions, contrats et déclarations carrées.
Calcul et anticipation pour piloter votre trésorerie.
Partage de cabinet et de frais, sans complexité inutile.
2042, conventionnement, PER : votre IR optimisé.
Pour aller plus loin
Statut, régime, obligations : le pas-à-pas pour ne rien rater.
Questions fréquentes
Avec une tournée chargée en kilomètres, le réel est souvent plus avantageux. On compare précisément.
Indemnités kilométriques ou frais réels de véhicule : on choisit l’option la plus favorable et on la documente.
Le plus souvent en BNC avec rétrocessions. On sécurise vos contrats et votre déclaration.
Cotisations assises sur le bénéfice, avec décalage. On anticipe pour éviter les régularisations.
Une question sur votre situation ? Consultez notre FAQ des professions de santé : des réponses claires et à jour 2026.
Recevez une analyse personnalisée et les leviers concrets pour votre activité.
Vous préférez en parler de vive voix ? Prendre rendez-vous →
On revient vers vous très vite. Pour aller plus vite, réservez un créneau :
Prendre rendez-vous →Opération patrimoniale
Capter ≈ 99 % des bénéfices de votre société d’exercice dans une holding faiblement fiscalisée (régime mère-fille), pour réinvestir librement et préparer votre transmission, grâce aux actions de préférence. Montage déjà courant chez les médecins, désormais ouvert aux auxiliaires médicaux (infirmiers, kinés) depuis le décret du 11 décembre 2025.
Depuis les déclarations d'avril 2026, la base de calcul de vos cotisations n'est plus votre BNC. C'est une grandeur nouvelle, l'assiette sociale, et elle obéit à une formule que beaucoup d'infirmiers découvrent en recevant leur appel de cotisations.
L'article 18 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 a réécrit le calcul de l'assiette des cotisations des travailleurs indépendants, pour les revenus acquis à partir de 2025. La bascule s'est faite concrètement en avril 2026, au moment de la déclaration des revenus 2025.
Avant, vous aviez deux bases de calcul différentes : une pour les cotisations sociales (maladie, famille, retraite), une autre, plus large, pour les contributions CSG-CRDS. Deux assiettes, deux logiques, et une complexité que personne ne défendait vraiment.
Désormais, une seule assiette sert à tout. Elle se calcule ainsi :
Recettes moins charges d'exploitation égale revenu brut social.
Revenu brut social moins 26 % d'abattement égale assiette sociale.
Point capital : les cotisations sociales ne se déduisent plus pour obtenir la base. C'est l'abattement de 26 % qui les remplace forfaitairement. Cet abattement est encadré par un plancher fixé à 1,76 % du plafond annuel de la Sécurité sociale et par un plafond fixé à 130 % de ce même PASS.
L'intention affichée est double : rapprocher le mode de calcul de celui des salariés, et rééquilibrer la charge. La CSG-CRDS diminue, les cotisations retraite augmentent. Pour la CARPIMKO, l'opération est présentée comme une amélioration des droits : davantage de cotisations dites contributives, celles qui ouvrent des points de retraite, et moins de contributions qui ne rapportent aucun droit.
La caisse le dit elle-même : la plupart des praticiens vont recevoir un remboursement de l'URSSAF (moins de CSG-CRDS) puis une augmentation de la CARPIMKO (plus de retraite). Les deux mouvements ne tombent pas en même temps. Si vous consommez le remboursement URSSAF en le prenant pour un gain, vous vous retrouvez à découvert quand la régularisation retraite arrive. Ce remboursement n'est pas un cadeau : c'est l'avance de la hausse à venir.
Concrètement, si vous êtes en prélèvement mensuel, vos échéances de juin à décembre 2026 ont été réajustées. Si vous êtes en prélèvement semestriel, c'est le prélèvement de septembre qui encaisse le choc.
Source : Carpimko, 2026 : évolution de l'assiette des cotisations sociales et retraites, édition spéciale du magazine, avril 2026. Article 18 de la LFSS pour 2024. Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 fixé à 48 060 euros par arrêté du 22 décembre 2025.
Votre appel de cotisations n'est pas un bloc. C'est l'addition de quatre régimes qui obéissent chacun à leur propre règle. Les confondre, c'est se priver de toute capacité d'anticipation.
La CARPIMKO couvre les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les orthophonistes, les orthoptistes et les pédicures-podologues. Voici ce qui a changé au 1er janvier 2026, et c'est loin d'être cosmétique.
| Régime | 2025 | 2026 |
|---|---|---|
| Base de calcul | BNC N-1 | Assiette sociale N-1 |
| Retraite de base, tranche 1 | 8,23 % de 0 à 47 100 € | 8,73 % de 0 à 48 060 € |
| Retraite de base, tranche 2 | 1,87 % de 0 à 235 500 € | 1,87 % de 0 à 240 300 € |
| Complémentaire, part forfaitaire | 2 312 € | supprimée |
| Complémentaire, part proportionnelle | 3 % de 25 246 à 231 840 € | 8,70 % de 24 030 à 144 180 € |
| ASV forfaitaire, part praticien | 221 € | 224 € (la CPAM ajoute 447 €) |
| ASV proportionnelle, part praticien | 0,16 % | 0,16 % (la CPAM ajoute 0,24 %) |
| ASV, base de calcul | revenus conventionnés N-2 | revenus conventionnés N-1 |
| Invalidité-décès | 1 022 € | 1 022 € |
C'est la ligne la plus lourde de conséquences, et la plus mal comprise. L'ancien forfait de 2 312 euros a disparu. À la place, un taux unique de 8,70 %, entièrement proportionnel.
Mais proportionnel à quoi, exactement ? À une assiette bornée, et c'est là que tout se joue. Le plancher est fixé à 0,5 PASS, soit 24 030 euros. Le plafond à 3 PASS, soit 144 180 euros. Si votre assiette sociale est inférieure au plancher, votre cotisation est malgré tout calculée sur 24 030 euros. Elle ne descend jamais en dessous de 2 091 euros.
Beaucoup lisent « 8,70 % entre 24 030 et 144 180 € » comme une tranche, et calculent 8,70 % de la fraction qui dépasse 24 030 euros. C'est faux. Le taux s'applique à la totalité de l'assiette, simplement ramenée dans l'intervalle. Une infirmière à 40 000 euros d'assiette ne paie pas 8,70 % de 15 970 euros (1 389 €), mais 8,70 % de 40 000 euros, soit 3 480 euros. L'écart est de 2 091 euros, tous les ans, et il se répète à l'identique sur toute la plage.
La preuve arithmétique est dans les chiffres publiés par la caisse elle-même : elle annonce une cotisation comprise entre 2 091 et 12 544 euros. Or 8,70 % de 24 030 font exactement 2 091, et 8,70 % de 144 180 font exactement 12 544. Si le taux ne portait que sur la fraction excédentaire, la cotisation minimale serait de zéro, pas de 2 091 euros.
Elle se compose de deux tranches qui se cumulent, et non qui se succèdent. La tranche 1 prélève 8,73 % sur la part de l'assiette comprise entre 0 et 48 060 euros. La tranche 2 prélève 1,87 % sur la part comprise entre 0 et 240 300 euros. Un IDEL à 60 000 euros d'assiette paie donc 8,73 % sur 48 060 (soit 4 196 €) plus 1,87 % sur 60 000 (soit 1 122 €).
Le taux de tranche 1 est passé de 8,23 à 8,73 %. Un demi-point, sur la tranche la plus large : c'est la contrepartie directe de la baisse de CSG.
L'avantage social vieillesse est réservé aux praticiens conventionnés, et c'est un régime dont on parle trop peu. Vous versez 224 euros de forfait et 0,16 % de vos revenus conventionnés. En face, votre caisse d'assurance maladie verse 447 euros et 0,24 %. Autrement dit, vous financez un tiers d'un régime de retraite dont vous touchez la totalité des points. C'est l'un des arguments les plus solides en faveur du conventionnement, et il ne figure sur aucune plaquette.
Notez le changement de base : l'ASV se calcule désormais sur les revenus conventionnés N-1, et non plus N-2. Le décalage d'un an qui amortissait les variations a disparu.
1 022 euros forfaitaires, inchangés. Une somme fixe, due quel que soit votre revenu, qui finance la rente d'invalidité, le capital décès et les rentes de conjoint et d'éducation. C'est le seul régime dont on espère ne jamais avoir besoin, et le seul qu'on regrette amèrement quand on découvre qu'il était insuffisant.
Source : Carpimko, édition spéciale d'avril 2026 sur l'évolution de l'assiette ; barème des cotisations publié sur carpimko.com. PASS 2026 : 48 060 euros (arrêté du 22 décembre 2025).
Il existe une réalité contre-intuitive du statut d'infirmier libéral : plus votre revenu est faible, plus votre taux de cotisation est élevé. Voici les chiffres.
Les tableaux officiels donnent des taux, régime par régime. Personne ne fait l'addition. Nous l'avons faite, avec le moteur de calcul qui alimente nos simulateurs, sur quatre niveaux d'assiette représentatifs d'une carrière d'IDEL.
| Poste | 30 000 € | 45 000 € | 60 000 € | 90 000 € |
|---|---|---|---|---|
| Retraite de base T1 | 2 619 | 3 929 | 4 196 | 4 196 |
| Retraite de base T2 | 561 | 842 | 1 122 | 1 683 |
| Retraite complémentaire | 2 610 | 3 915 | 5 220 | 7 830 |
| ASV (forfait plus proportionnel) | 272 | 296 | 320 | 368 |
| Invalidité-décès | 1 022 | 1 022 | 1 022 | 1 022 |
| Allocations familiales | 0 | 0 | 920 | 2 790 |
| Maladie plus indemnités journalières | 120 | 180 | 240 | 360 |
| CSG-CRDS | 2 910 | 4 365 | 5 820 | 8 730 |
| Formation plus URPS | 150 | 165 | 180 | 210 |
| Total | 10 264 | 14 713 | 19 040 | 27 189 |
| Taux réel | 34,2 % | 32,7 % | 31,7 % | 30,2 % |
L'infirmière à 30 000 euros d'assiette cotise à 34,2 %. Celle à 90 000 euros cotise à 30,2 %. Quatre points d'écart, à l'envers de ce que l'intuition suggère.
L'explication tient en un mot : les forfaits. L'invalidité-décès (1 022 €), l'ASV forfaitaire (224 €) et le plancher de complémentaire ne bougent pas avec le revenu. Sur une assiette de 30 000 euros, ces sommes fixes pèsent 4,2 %. Sur 90 000 euros, elles ne pèsent plus que 1,4 %. Les allocations familiales, qui montent avec le revenu, ne compensent que partiellement le mouvement, et la retraite de base plafonne sa tranche 1 à 48 060 euros.
Cette dégressivité a une conséquence pratique directe, et elle est rarement tirée : les premiers euros de revenu supplémentaire d'un IDEL modeste sont mieux traités que les derniers euros d'un IDEL confortable. Un temps partiel subi coûte proportionnellement plus cher en cotisations qu'une activité pleine. C'est un argument à mettre dans la balance quand on hésite à reprendre une tournée ou à prendre un remplaçant.
Calculs réalisés avec le moteur de calcul Ascencia, à jour des barèmes 2026, sur la base des paramètres officiels Carpimko et URSSAF. Les mêmes chiffres alimentent nos simulateurs en ligne, ce qui garantit qu'un montant lu ici correspond exactement à un montant simulé chez nous.
Vous n'avez rien encaissé cette année, ou vos charges ont mangé vos recettes. Votre appel de cotisations, lui, affiche plus de 4 000 euros. Ce n'est pas une erreur : c'est le jeu des planchers, et la réforme de 2026 en a rendu un invisible.
| Poste | Dû à 0 € | Pourquoi |
|---|---|---|
| Retraite complémentaire | 2 091 € | Assiette plancher de 24 030 € (0,5 PASS), à 8,70 % |
| Invalidité-décès | 1 022 € | Forfait pur, indépendant du revenu |
| Retraite de base, tranche 1 | 472 € | Assiette minimale de 5 409 € (450 fois le SMIC horaire), à 8,73 % |
| ASV forfaitaire | 224 € | Forfait du praticien conventionné |
| Formation professionnelle | 120 € | 0,25 % du PASS, et non de votre revenu |
| Indemnités journalières | 58 € | 0,30 % sur une assiette plancher de 40 % du PASS |
| Cotisation URPS | 48 € | Assise sur le PASS |
| Total | environ 4 035 € |
Notez la mécanique de la retraite de base, car elle est subtile : en dessous de 5 409 euros de revenu, la tranche 1 se calcule quand même sur ce minimum — d'où les 472 euros — tandis que la tranche 2 tombe, elle, à zéro. Ce n'est pas une proratisation : c'est un plancher d'un côté, un interrupteur de l'autre.
Avant 2026, la complémentaire était un forfait de 2 312 euros. Dû quoi qu'il arrive, mais au moins c'était écrit noir sur blanc : un forfait, on sait qu'on le paie.
Depuis, la caisse annonce une cotisation « proportionnelle aux revenus, à 8,70 % ». Le mot proportionnelle laisse naturellement penser qu'à revenu nul, la cotisation est nulle. Elle ne l'est pas. L'assiette est bornée par le bas à 24 030 euros, donc 8,70 % de 24 030 restent dus, soit 2 091 euros.
Le forfait n'a pas disparu. Il a changé de nom.
Attention à ce que recouvre « zéro euro ». Depuis 2026, votre assiette sociale se calcule ainsi : recettes moins charges d'exploitation, moins 26 % d'abattement.
Une IDEL qui a encaissé 18 000 euros mais dont les frais de tournée, le loyer et le matériel ont absorbé davantage se retrouve avec une assiette nulle. Elle paiera exactement les mêmes 4 035 euros qu'une consoeur qui n'a rien facturé du tout.
Le déficit ne fait rien descendre en dessous du plancher. Il n'y a pas de report, pas de compensation, pas de proratisation à ce titre. C'est le point qu'il faut avoir compris avant de bâtir un plan de trésorerie sur une année blanche.
Alors la question n'est plus le calcul, mais votre affiliation. Tant que vous restez inscrite, ces forfaits courent, mois après mois, indépendamment de toute activité. La radiation n'est pas un échec administratif : c'est la seule chose qui arrête le compteur.
Des dispositifs de réduction, d'étalement ou de prise en charge existent — début d'activité, incapacité, difficultés économiques. Aucun n'est automatique. Ils se demandent, dans des délais, avec des pièces.
Une année à revenu nul qui n'est pas traitée devient une dette de cotisations qui, elle, se rappelle à vous avec des majorations. Le pire scénario n'est pas de devoir 4 035 euros : c'est de les découvrir dix-huit mois plus tard.
Montants calculés avec le moteur de calcul Ascencia, à jour des barèmes CARPIMKO 2026, pour une assiette sociale nulle. Les mêmes paramètres alimentent nos simulateurs en ligne. Sources : Carpimko, barème des cotisations 2026 et bulletin spécial d'avril 2026 sur l'évolution de l'assiette ; PASS 2026 fixé à 48 060 euros par arrêté du 22 décembre 2025. Le détail de chaque régime figure dans notre tableau complet de la CARPIMKO.
Le micro-BNC vous accorde un abattement forfaitaire de 34 %. La vraie question n'est pas de savoir s'il est simple, mais si vos charges réelles dépassent ce chiffre. Pour un infirmier qui roule, la réponse est souvent oui.
| Paramètre | Valeur 2026 | Commentaire |
|---|---|---|
| Seuil de recettes micro-BNC | 83 600 € HT | Contre 77 700 € pour les revenus 2023 à 2025 |
| Abattement forfaitaire | 34 % | Minimum 305 € |
| Règle d'application | Recettes de N-1 ou N-2 sous le seuil | Un seul des deux suffit |
| Sortie du régime | Seuil dépassé N-1 et N-2 | Il faut deux années consécutives |
Le seuil a été revalorisé de 7,6 % pour la période triennale qui s'ouvre. Retenez surtout la mécanique de sortie : un dépassement isolé ne vous fait pas basculer. Il faut deux années consécutives au-dessus de 83 600 euros pour être contraint à la déclaration contrôlée. Une année exceptionnelle, une reprise de tournée, un remplacement long : cela ne change rien à votre régime l'année suivante.
L'abattement de 34 % est censé représenter vos frais. La question à se poser est donc arithmétique, pas philosophique : vos charges réelles représentent-elles plus ou moins de 34 % de vos recettes ?
Pour un infirmier libéral, le poste qui fait basculer le calcul est presque toujours le même : la voiture. Une tournée rurale à 25 000 ou 30 000 kilomètres par an génère un montant de frais que l'abattement forfaitaire n'absorbe pas. À cela s'ajoutent les cotisations sociales, qui sont déductibles en déclaration contrôlée et ne le sont pas au micro.
Une IDEL réalise 72 000 euros de recettes, roule 26 000 km avec un véhicule de 5 CV, et paie environ 15 000 euros de cotisations sociales.
Au micro-BNC : abattement de 34 %, soit 24 480 euros. Bénéfice imposable : 47 520 euros.
En déclaration contrôlée : frais kilométriques au barème (26 000 km au-delà du seuil de 20 000, soit 26 000 fois 0,427 égale 11 102 €), cotisations sociales déductibles (15 000 €), plus les autres charges courantes (téléphone, matériel, assurances, logiciel, redevance Ordre, formation), disons 4 000 euros. Total des charges : environ 30 100 euros. Bénéfice imposable : 41 900 euros.
Écart : 5 600 euros de base imposable en moins, soit environ 1 700 euros d'impôt économisés dans une tranche à 30 %. Tous les ans.
Cet exemple est volontairement prudent. Sur des kilométrages élevés, l'écart se creuse encore. Le micro-BNC reste pertinent pour un remplaçant occasionnel, pour une activité à temps très partiel, ou pour un IDEL urbain qui se déplace peu et n'a presque aucune charge. Pour une tournée classique, il fait perdre de l'argent.
Au micro-BNC, vos cotisations sociales ne sont pas déductibles de votre bénéfice imposable : elles sont réputées couvertes par l'abattement de 34 %. Comme elles représentent à elles seules autour de 30 % de votre assiette, l'abattement est déjà consommé par elles avant même que vous ayez mis un litre d'essence dans votre voiture. C'est le point que l'on oublie systématiquement dans la comparaison.
L'option pour la déclaration contrôlée se formule dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats (le formulaire 2035). Elle vaut pour un an et se reconduit tacitement chaque année, tant que vous restez dans le champ du micro, sauf renonciation expresse adressée à l'administration.
Autrement dit : l'option n'est pas un engagement irréversible. C'est une décision annuelle, réversible, qu'il faut réexaminer chaque année à la lumière de vos chiffres réels. C'est précisément le genre d'arbitrage qui justifie un regard comptable une fois par an.
La question mérite d'être tranchée nettement, parce que beaucoup d'infirmiers continuent de payer une cotisation par habitude.
La majoration de 25 % du bénéfice pour non-adhésion a été définitivement supprimée, à compter de l'imposition des revenus de 2023. Elle avait été réduite progressivement (20 % en 2020, 15 % en 2021, 10 % en 2022) avant de disparaître. Le motif historique d'adhésion n'existe donc plus.
Il subsiste un avantage, mais il est étroitement encadré : la réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion de l'article 199 quater B du CGI, égale aux deux tiers des dépenses engagées, plafonnée à 915 euros par an. Elle est réservée aux professionnels dont les recettes sont sous les seuils du micro mais qui ont opté pour la déclaration contrôlée. Si vos recettes dépassent 83 600 euros, vous relevez du réel de plein droit et non par option : la réduction ne vous concerne pas.
Sources : article 102 ter du CGI (seuil et abattement micro-BNC, revalorisation triennale) ; BOI-BNC-DECLA-10-10 (option pour la déclaration contrôlée, durée et reconduction) ; article 34 de la loi de finances pour 2021 et article 158 du CGI (suppression de la majoration OGA) ; article 199 quater B du CGI et BOI-IR-RICI-10 (réduction d'impôt frais de comptabilité). Le seuil de 83 600 euros résulte de la revalorisation triennale prévue par l'article 102 ter ; la doctrine BOFiP correspondante n'était pas encore republiée à la date de rédaction.
Vos soins sont exonérés de TVA. Ce n'est pas le cas de tout ce que vous facturez, et c'est précisément là que naissent les redressements.
L'exonération des soins infirmiers repose sur le 1° du 4 de l'article 261 du CGI, qui exonère les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées. Pour un IDEL, l'immense majorité de l'activité entre dans ce champ, sans plafond de recettes et sans démarche à faire.
Le danger n'est donc pas dans les soins. Il est dans l'accessoire. Voici les activités qui, chez un infirmier, sortent régulièrement du périmètre exonéré :
La rétrocession d'honoraires entre confrères mérite une vigilance particulière et un examen au cas par cas : le traitement dépend de la nature exacte de la relation et de qui facture le patient. Ne partez pas du principe qu'une somme est hors TVA au seul motif qu'elle circule entre deux infirmiers. C'est un point que nous regardons systématiquement chez nos clients qui prennent des remplaçants.
Une activité taxable ne signifie pas mécaniquement de la TVA à facturer. La franchise en base vous en dispense tant que vous restez sous les seuils. Et ces seuils viennent de connaître un épisode mouvementé qu'il faut connaître.
| Seuil de franchise, prestations de services | Montant 2026 |
|---|---|
| Seuil de base | 37 500 € |
| Seuil majoré (tolérance) | 41 250 € |
La loi de finances pour 2025 avait instauré un seuil unique de 25 000 euros, toutes activités confondues, applicable au 1er mars 2025. Devant la contestation, le gouvernement a suspendu la mesure, puis la loi du 3 novembre 2025 l'a définitivement abrogée et rétabli les seuils antérieurs. Ils sont donc inchangés pour 2026 : 37 500 et 41 250 euros.
Si vous avez lu quelque part que le seuil était tombé à 25 000 euros, l'information était exacte à un moment et ne l'est plus. C'est une bonne illustration de ce qu'un chiffre fiscal n'a de valeur qu'avec sa date.
Sources : article 261, 4-1° du CGI (exonération des soins) ; BOI-TVA-DECLA-40-10-20, version en vigueur au 1er juillet 2026 (seuils de franchise) ; loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, article 1er (abrogation du seuil unique de 25 000 euros) ; loi n° 2023-1322 du 19 décembre 2023 de finances pour 2024, article 82.
Le remplacement est le passage obligé de presque toutes les carrières d'IDEL. C'est aussi le terrain où se concentrent les erreurs les plus coûteuses, parce que le cadre est réglementaire avant d'être comptable.
L'article R.4312-85 pose la règle : le remplacement est possible pour une durée correspondant à l'indisponibilité de l'infirmier remplacé. Au-delà de vingt-quatre heures, ou pour un remplacement plus court mais répété, un contrat écrit est obligatoire et doit être communiqué au conseil départemental de l'Ordre.
Quelques règles structurantes que l'on oublie régulièrement :
L'article R.4312-87 du Code de la santé publique interdit à l'infirmier qui a remplacé un confrère plus de trois mois, consécutifs ou non, de s'installer pendant deux ans dans un cabinet où il entrerait en concurrence directe avec lui, sauf accord notifié au conseil départemental. Cette règle s'applique que votre contrat la mentionne ou non. Beaucoup de projets d'installation se heurtent à ce mur après coup.
Pour s'installer en libéral sous convention, il faut justifier de 24 mois d'expérience, soit 3 200 heures, au sein d'une structure de soins généraux, sous responsabilité médicale ou d'un cadre infirmier, au cours des six années précédant la demande.
Une équivalence existe, et elle est précieuse : six mois de remplacement (soit 800 heures ou 109 jours) auprès d'un infirmier conventionné peuvent compléter 18 mois (2 400 heures) d'expérience en structure. C'est la voie que suivent beaucoup d'IDEL, souvent sans savoir qu'elle est ouverte.
Le mécanisme est simple sur le principe : les honoraires sont encaissés par le remplacé, qui reverse au remplaçant les sommes nettes d'une redevance représentant les frais de fonctionnement du cabinet. En pratique, cette redevance oscille entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires réalisé pendant le remplacement, et l'Ordre recommande de ne pas y inclure les indemnités de déplacement.
Fiscalement, la doctrine est claire :
| Qui | Traitement | Condition |
|---|---|---|
| L'infirmier remplacé | Les honoraires rétrocédés se déduisent de ses recettes | Sous réserve de la déclaration DAS2 |
| L'infirmier remplaçant | Les sommes perçues sont des recettes imposables | Au titre de l'année de perception |
La déduction des honoraires rétrocédés est conditionnée à leur déclaration annuelle sur le formulaire DAS2 (articles 240 et 241 du CGI). Le seuil a été doublé et porté à 2 400 euros par an et par bénéficiaire pour les rémunérations versées à compter de 2024. En dessous, pas d'obligation. Au-dessus, une omission fait perdre la déduction. C'est un oubli fréquent chez les IDEL qui prennent un remplaçant pour la première fois.
Voici le point le plus mal connu, et il est contre-intuitif. Les sommes rétrocédées au remplaçant sont exonérées de TVA, puisqu'elles rémunèrent des soins. Mais la redevance que vous conservez, elle, rémunère une mise à disposition de locaux et de matériel : elle est soumise à la TVA, sauf lorsque le remplacement est occasionnel. Un cabinet qui prend des remplaçants de façon régulière peut donc devenir redevable de la TVA sur ses redevances, alors même que 100 % de son activité de soins est exonérée.
Le contrat de collaboration libérale, issu de l'article 18 de la loi du 2 août 2005, se distingue du remplacement sur un point décisif : le collaborateur a le droit de se constituer une patientèle personnelle. S'il en est empêché, en droit par une clause, ou en fait par un planning imposé et une répartition des patients décidée unilatéralement, la requalification en contrat de travail devient possible. La cour d'appel de Pau l'a jugé en 2015 pour quatre infirmières collaboratrices. Les conséquences se comptent en congés payés, indemnités de licenciement et rappels de cotisations URSSAF.
Un remplaçant est affilié à la CARPIMKO selon les mêmes modalités qu'un infirmier installé : quatre régimes, mêmes règles. Il n'existe pas de barème allégé pour les petits remplacements.
Une nuance déclarative existe cependant : en cas de remplacement occasionnel, une attestation précisant les dates exactes doit être adressée à la caisse avant le 31 décembre de l'année concernée. En remplacement régulier, aucune démarche spécifique n'est requise.
Sources : articles R.4312-85, R.4312-86 et R.4312-87 du Code de la santé publique ; fiches de l'Ordre national des infirmiers sur le remplacement et sur le contrat de collaboration ; ameli.fr, processus d'installation (conditions des 24 mois / 3 200 heures et équivalence de remplacement, issues de l'avenant 6 à la convention nationale) ; BOI-BNC-BASE-20-20 §70 (régime des rétrocessions) ; BOI-RES-000056 (rescrit TVA sur rétrocession et redevance) ; articles 240 et 241 du CGI et BOFiP ACTU-2024-00154 (seuil DAS2 porté à 2 400 euros) ; article 18 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005 ; CA Pau, 23 juin 2015, n° 15/2609.
Où vous vous installez détermine si vous pouvez être conventionné, et combien l'Assurance maladie est prête à vous verser pour venir. Deux questions qui se traitent avant de signer un bail, jamais après.
L'Agence régionale de santé classe chaque territoire dans l'une de cinq catégories : très sous-dotée, sous-dotée, intermédiaire, très dotée, sur-dotée. Ce classement n'est pas indicatif : il commande votre accès au conventionnement.
En zone sur-dotée, l'accès au conventionnement n'est possible que si un infirmier libéral conventionné cesse définitivement son activité dans la zone. Il faut donc constituer un dossier de succession, avec l'attestation de l'infirmier sortant. Cette règle est toujours en vigueur en 2026 : l'avenant 11, entré en vigueur le 6 mai 2026, porte sur les revalorisations tarifaires et de nouvelles compétences, pas sur la suppression du dispositif.
Conséquence pratique : dans une zone sur-dotée, vous pouvez être infirmier libéral sans être conventionné. Économiquement, cela signifie des patients remboursés sur une base dérisoire, et l'ASV perdue. Ce n'est presque jamais viable.
À l'autre bout du spectre, l'Assurance maladie paie pour attirer. Trois contrats tripartites (infirmier, CPAM, ARS) existent, et leurs montants sont loin d'être symboliques :
| Contrat | Montant | Durée | Pour qui |
|---|---|---|---|
| CAPII, aide à la première installation | 37 500 € | Sur 5 ans, non renouvelable | Première installation conventionnée |
| CAII, aide à l'installation | 27 500 € | Sur 5 ans, non renouvelable | Installation en zone très sous-dotée |
| CAMI, aide au maintien | 3 000 € par an | 3 ans, renouvelable | Infirmier déjà installé dans la zone |
Les conditions communes : exercer en zone très sous-dotée, réaliser au moins 50 % de son activité conventionnée dans la zone, et s'engager sur la durée du contrat. Un bonus de 150 euros par mois s'ajoute en cas d'accueil d'un étudiant en stage.
C'est le contresens le plus coûteux. Une aide de 37 500 euros n'est pas un cadeau net : en l'absence de texte d'exonération spécifique, elle suit le principe général des articles 92 et 93 du CGI et constitue une recette professionnelle imposable. Le BOFiP qualifie d'ailleurs expressément des aides conventionnelles analogues, comme l'aide à la télétransmission, de recettes imposables au titre de l'année de leur encaissement. Encaisser 37 500 euros sans provisionner l'impôt correspondant, c'est se préparer une très mauvaise surprise l'année suivante.
Le dispositif ZRR a été remplacé par les ZFRR (zones France ruralités revitalisation) au 1er juillet 2024. Aucune installation postérieure à cette date ne peut prétendre à l'ancien régime.
Le nouveau dispositif, codifié à l'article 44 quindecies du CGI, ouvre aux professions libérales, donc aux infirmiers, une exonération d'impôt sur les bénéfices :
| Période | Exonération |
|---|---|
| Jusqu'au terme du 59e mois suivant l'installation (environ 5 ans) | 100 % |
| Année suivante | 75 % |
| Année suivante | 50 % |
| Année suivante | 25 % |
Les conditions : moins de 11 salariés, être au régime réel d'imposition, et implanter en zone éligible la direction effective ainsi que l'ensemble de l'activité, avec une tolérance de 25 % de chiffre d'affaires réalisé hors zone pour les activités non sédentaires. Cette tolérance est faite pour des métiers comme le vôtre, dont la tournée déborde naturellement le périmètre.
Le tout est plafonné par la règle européenne de minimis, portée à 300 000 euros sur trois exercices glissants par le règlement (UE) 2023/2831, contre 200 000 euros auparavant. Un dispositif renforcé, dit ZFRR « plus », existe pour les installations réalisées entre 2025 et 2029 dans certaines zones.
L'article 151 ter du CGI exonère d'impôt sur le revenu les rémunérations de permanence des soins, dans la limite de 60 jours de garde par an. Attention : ce dispositif est réservé aux médecins, et à leurs remplaçants, installés en zone sous-dotée.
Il n'existe pas d'équivalent pour les infirmiers. Vos majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés, comme vos indemnités forfaitaires de déplacement, sont des honoraires conventionnels ordinaires : elles sont imposables au barème BNC de droit commun. Si vous avez entendu le contraire, la règle citée était celle des médecins.
Sources : ameli.fr, processus d'installation et aides (zonage, CAII, CAPII, CAMI) ; avenant 6 à la convention nationale des infirmiers (avis publié au JO du 13 juin 2019) ; arrêté du 5 mai 2026 portant approbation de l'avenant 11 ; articles 92 et 93 du CGI et BOI-BNC-BASE-20-20 (imposition des aides) ; article 44 quindecies du CGI et article 73 de la loi de finances pour 2024 (bascule ZRR vers ZFRR) ; règlement (UE) 2023/2831 (de minimis) ; article 151 ter du CGI et BOI-BNC-CHAMP-10-40-20 (permanence des soins, médecins).
Une patientèle d'infirmier se vend. La plus-value est imposable à 31,4 % si vous ne faites rien, et souvent à zéro si vous connaissez le bon article. L'écart tient à quelques lignes du Code général des impôts.
Sans dispositif d'exonération, une plus-value professionnelle à long terme supporte :
| Composante | Taux 2026 |
|---|---|
| Impôt sur le revenu, taux forfaitaire | 12,8 % |
| CSG sur les revenus du patrimoine | 10,6 % |
| CRDS | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % |
| Total | 31,4 % |
Si vous lisez encore 30,1 % ou des prélèvements sociaux à 17,2 %, l'information date. La CSG sur les revenus du patrimoine est passée de 9,2 à 10,6 % au 1er janvier 2026 (article 12 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026). Les prélèvements sociaux sont donc à 18,6 %. Le maintien à 9,2 % a été réservé à une liste limitative de revenus, dans laquelle les plus-values professionnelles ne figurent pas.
C'est celle qui concerne la grande majorité des infirmiers libéraux, et beaucoup l'ignorent.
| Moyenne des recettes HT des 2 années civiles précédentes | Exonération |
|---|---|
| Jusqu'à 90 000 € | Totale |
| Entre 90 000 et 126 000 € | Partielle, dégressive linéairement |
| Au-delà de 126 000 € | Aucune à ce titre |
Condition : exercer l'activité depuis au moins cinq ans. Rien d'autre. Pas de départ à la retraite, pas de cession totale, pas de formalité particulière.
Regardez bien la ligne du haut. Une IDEL qui réalise 85 000 euros de recettes et cède sa patientèle 60 000 euros après quinze ans d'exercice est totalement exonérée. Zéro impôt, zéro prélèvement social. C'est le cas le plus fréquent de la profession, et c'est une excellente nouvelle qu'il faut simplement sécuriser en amont.
| Valeur des éléments transmis | Exonération |
|---|---|
| Jusqu'à 500 000 € | Totale |
| Entre 500 000 et 1 000 000 € | Partielle, dégressive |
| Au-delà de 1 000 000 € | Aucune à ce titre |
Là encore, cinq ans d'activité minimum. Ce dispositif prend le relais quand vos recettes sont trop élevées pour le 151 septies, ce qui arrive dans les cabinets de groupe importants. Il ne se cumule pas avec le dispositif « départ à la retraite » sur une même opération : il faut choisir.
Conditions cumulatives, à respecter à la lettre :
Aucun plafond de montant, mais une nuance décisive : ce dispositif exonère l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux. La plus-value reste soumise aux 18,6 %. C'est une différence de nature avec les deux premiers dispositifs, qui exonèrent l'ensemble.
Pour un IDEL, commencez toujours par le 151 septies. Si votre moyenne de recettes est sous 90 000 euros et que vous exercez depuis cinq ans, l'affaire est réglée : exonération totale, impôt et prélèvements sociaux compris, sans condition de retraite ni de cession intégrale. Les deux autres dispositifs ne servent qu'en cas d'échec du premier. Passer directement au « départ à la retraite » est une erreur classique qui laisse 18,6 % sur la table.
Ce délai de 24 mois entre le départ en retraite et la cession est le piège de calendrier le plus fréquent. Il est symétrique : la retraite peut précéder ou suivre la cession. Mais il ne se prolonge pas, et il ne se rattrape pas. Une cession qui traîne, un acquéreur qui se désiste, et l'exonération tombe. C'est un point qui se planifie deux ans à l'avance, pas six mois avant.
Sources : article 151 septies du CGI (seuils 90 000 / 126 000 euros) ; article 238 quindecies du CGI, version en vigueur au 30 janvier 2026 (seuils 500 000 / 1 000 000 euros) ; article 151 septies A du CGI et BOI-BIC-PVMV-40-20-20-20 ; article 39 quindecies du CGI et BOI-BIC-PVMV-20-40-10 (taux de 12,8 %) ; article L136-8 du code de la sécurité sociale modifié par l'article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (CSG portée à 10,6 %) ; article 235 ter du CGI (prélèvement de solidarité).
Racheter une patientèle coûte cher et ne se déduit pas, en principe. Sauf qu'un régime dérogatoire, qui devait s'éteindre fin 2025, vient d'être prolongé de quatre ans. Peu de gens le savent encore.
La patientèle est un élément incorporel dont la durée d'utilisation n'est pas, par nature, limitée dans le temps. À ce titre, elle n'est pas amortissable, exactement comme un fonds de commerce. Vous payez 60 000 euros, vous les inscrivez à l'actif, et vous ne déduisez rien.
La loi de finances pour 2022 avait ouvert une parenthèse : les fonds acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025 pouvaient être amortis fiscalement. Cette fenêtre devait se refermer.
La loi de finances pour 2026, du 19 février 2026, a remplacé la date du 31 décembre 2025 par celle du 31 décembre 2029. Le régime est donc prolongé de quatre ans. Une patientèle infirmière acquise aujourd'hui peut être amortie fiscalement, en pratique sur dix ans pour une petite entreprise.
Les conditions :
Une patientèle rachetée 60 000 euros, amortie sur dix ans, génère 6 000 euros de charge déductible par an. Pour une infirmière dont la tranche marginale est à 30 %, l'économie d'impôt atteint environ 1 800 euros par an pendant dix ans, soit près de 18 000 euros au total. Sur un investissement de 60 000 euros, ce n'est pas un détail de fin d'exercice.
Ce point mérite d'être vérifié avant toute signature, parce qu'il change la rentabilité d'un rachat, et parce que la fenêtre a une date de fermeture.
L'acquéreur d'une patientèle acquitte des droits d'enregistrement, selon le barème par tranches de l'article 719 du CGI :
| Tranche de la valeur taxable | Taux total |
|---|---|
| Jusqu'à 23 000 € | 0 % |
| De 23 000 à 200 000 € | 3 % |
| Au-delà de 200 000 € | 5 % |
Avec un minimum de perception de 25 euros. Pour une patientèle à 60 000 euros, cela représente environ 1 110 euros : les 23 000 premiers euros sont exonérés, les 37 000 suivants supportent 3 %. Une somme à intégrer au plan de financement, au même titre que les frais d'acte.
Sources : article 39, 1, 2° du CGI, 3e alinéa, rendu applicable aux BNC par l'article 93, 2° du CGI ; loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022, article 23 (création du régime) ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (prorogation au 31 décembre 2029) ; BOI-BNC-BASE-50 ; article 719 du CGI et BOI-ENR-DMTOM-10-20-20 (droits d'enregistrement) ; article 674 du CGI (minimum de perception).
La voiture est le premier poste de charges d'un IDEL et le premier sujet de redressement. Voici le barème exact, ce qu'il couvre, et surtout ce qu'il ne couvre pas.
Premier point à savoir : le barème n'a pas été revalorisé. Celui qui s'applique cette année est identique à celui de 2024 et 2025. La dernière revalorisation, de 5,4 %, remonte à un arrêté de mars 2023.
Pour un véhicule thermique, hybride ou à hydrogène, où d désigne la distance annuelle parcourue à titre professionnel :
| Puissance | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,529 | (d x 0,316) plus 1 065 | d x 0,370 |
| 4 CV | d x 0,606 | (d x 0,340) plus 1 330 | d x 0,407 |
| 5 CV | d x 0,636 | (d x 0,357) plus 1 395 | d x 0,427 |
| 6 CV | d x 0,665 | (d x 0,374) plus 1 457 | d x 0,447 |
| 7 CV et plus | d x 0,697 | (d x 0,394) plus 1 515 | d x 0,470 |
Le barème est plafonné à 7 CV : au-delà, on retient la dernière ligne. Pour un véhicule 100 % électrique, ces montants sont majorés de 20 %, et la location de batterie comme la recharge sont réputées incluses.
Une IDEL parcourt 26 000 km professionnels dans l'année avec une 5 CV. Elle dépasse le seuil de 20 000 km, donc : 26 000 fois 0,427 égale 11 102 euros de frais déductibles, sans avoir à conserver la moindre facture de carburant ou de garage.
Avec une électrique de même puissance, la majoration de 20 % porte le tarif à 0,512, soit 13 312 euros. Deux mille deux cents euros de déduction supplémentaire, pour un véhicule qui coûte par ailleurs moins cher à l'usage.
| Inclus dans le barème | Déductible EN PLUS, sur justificatifs |
|---|---|
| Dépréciation du véhicule | Péages |
| Entretien et réparations | Frais de garage et de stationnement |
| Pneumatiques | Intérêts d'emprunt (au prorata professionnel) |
| Carburant (ou recharge) | |
| Primes d'assurance |
Les grosses réparations sont incluses dans le forfait : une fois l'option prise, une boîte de vitesses à 3 000 euros ne se déduit pas en plus. C'est le pari du barème.
Première règle : l'option est annuelle et globale. Elle s'applique obligatoirement à l'année entière et à l'ensemble des véhicules utilisés à titre professionnel. Impossible de panacher le barème sur une voiture et les frais réels sur l'autre. En revanche, elle peut être reconsidérée chaque année : ce n'est pas un engagement pluriannuel.
Deuxième règle : le véhicule n'a pas besoin d'être à l'actif. C'est le contresens le plus répandu. Un BNC est expressément autorisé à utiliser le barème forfaitaire pour un véhicule conservé dans son patrimoine privé. Inutile de l'inscrire au registre des immobilisations pour en bénéficier.
Le trajet domicile vers cabinet est déductible sans justification tant que la distance reste sous 40 kilomètres. Au-delà, il faut justifier l'éloignement par des circonstances indépendantes de la convenance personnelle, sinon seuls les 40 premiers kilomètres sont admis. Aucune dérogation propre aux professions de santé n'existe sur ce point.
Mais, et c'est essentiel : vos trajets de tournée, d'un patient à l'autre, ne sont pas concernés par ce plafond. Ce sont des déplacements professionnels de droit commun, qui relèvent d'un régime distinct de celui du trajet domicile-travail. Ils s'ajoutent simplement à votre kilométrage professionnel annuel. Beaucoup d'infirmiers s'auto-limitent à 40 km par crainte d'un plafond qui ne s'applique pas à leur activité.
Les montants conventionnels en vigueur :
| Indemnité | Montant |
|---|---|
| IFD, indemnité forfaitaire de déplacement | 2,75 € |
| IFI, indemnité forfaitaire infirmier | 2,75 € |
| IK plaine | 0,35 € / km |
| IK montagne | 0,50 € / km |
| IK à pied ou à ski | 3,40 € (3,66 € outre-mer) |
Plusieurs sites professionnels annoncent une revalorisation de 10 % de l'IFD par l'avenant 11. Vérification faite dans l'arrêté d'approbation du 5 mai 2026 lui-même : ce texte ne revalorise ni l'IFD, ni l'IFI, ni les IK. Il revalorise les lettres-clés AMI et AIS et crée de nouveaux actes. Les montants ci-dessus restent ceux de la source officielle.
Sur le plan fiscal, ces indemnités ne sont pas des remboursements neutres : la doctrine range expressément parmi les recettes « les sommes reçues à titre de remboursement de frais », en citant précisément les indemnités kilométriques. Elles sont donc imposables, et c'est en face que vous déduisez vos frais réels ou votre barème. Contrairement aux allocations forfaitaires de certains salariés, il n'existe ici aucune exonération.
Sources : BOI-BAREME-000001 (barème kilométrique) ; brochure pratique 2026 de la DGFiP, déclaration des revenus 2025 ; article 6 B de l'annexe IV au CGI (majoration électrique) ; BOI-BNC-BASE-40-60-40-20 (conditions de l'option, patrimoine privé, caractère annuel et global, péages et intérêts) ; BOI-BNC-BASE-40-60-40-10 (règle des 40 km et voyages professionnels) ; NGAP en vigueur au 1er janvier 2026 et tarifs conventionnels infirmiers publiés par l'Assurance maladie ; arrêté du 5 mai 2026 portant approbation de l'avenant 11 ; BOI-BNC-BASE-20-20 (indemnités kilométriques comme recettes).
Vous êtes couverte 90 jours par la CPAM. Ensuite, la CARPIMKO prend le relais à 55,44 euros par jour, quel que soit votre revenu. Pour beaucoup d'IDEL, c'est là que le plan de trésorerie s'effondre.
Depuis le 1er juillet 2021, les professionnels de santé libéraux conventionnés bénéficient d'indemnités journalières maladie. Le dispositif est financé par une cotisation dédiée de 0,3 % du revenu d'activité, assise entre 40 % du PASS et 3 PASS.
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Délai de carence | 3 jours |
| Durée maximale de prise en charge | 90 jours (87 indemnisés) |
| Montant de l'IJ | 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années |
| Plafond au 1er janvier 2026 | 197,51 € brut par jour |
| Condition | 12 mois d'affiliation continue |
Passé le 90e jour, c'est la CARPIMKO qui prend le relais, au titre du régime invalidité-décès que finance votre cotisation forfaitaire de 1 022 euros. Elle verse une allocation journalière d'incapacité de 55,44 euros brut, montant inchangé au 1er janvier 2026.
Ce montant est forfaitaire. Il ne dépend pas de votre revenu. Et c'est là que la marche apparaît :
| Revenu annuel moyen | IJ CPAM, jours 4 à 90 | CARPIMKO, à partir du 91e jour | Chute |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 41 € / jour | 55,44 € / jour | hausse |
| 45 000 € | 62 € / jour | 55,44 € / jour | moins 11 % |
| 60 000 € | 82 € / jour | 55,44 € / jour | moins 32 % |
| 90 000 € | 123 € / jour | 55,44 € / jour | moins 55 % |
Plus vous gagnez, plus la marche du 91e jour est brutale. Une infirmière à 90 000 euros voit son indemnisation divisée par plus de deux du jour au lendemain, alors que ses charges fixes, elles, ne bougent pas. C'est exactement le profil qui pense être bien couvert parce qu'il cotise beaucoup. Le régime obligatoire est forfaitaire : il ne connaît pas votre train de vie.
Des majorations existent : 8,06 euros par jour et par descendant à charge, 20,16 euros par jour en cas de recours à une tierce personne. La reprise thérapeutique est indemnisée à 55,44 euros pendant trois mois, puis 27,72 euros pendant six mois au maximum. L'ensemble court jusqu'au dernier jour de la troisième année d'incapacité.
Le relais CARPIMKO n'est pas automatique. Il faut déclarer le volet 1 de l'arrêt de travail à la caisse dans les six mois suivant le début de l'arrêt. Une déclaration tardive, et le relais saute. C'est une formalité administrative qui se joue au pire moment, quand on est malade et que la paperasse est le dernier des soucis. C'est précisément pour cela qu'il faut le savoir avant.
À partir de la quatrième année d'incapacité, si un taux d'invalidité professionnelle d'au moins 66 % est médicalement reconnu, on bascule en invalidité :
| Prestation | Montant annuel |
|---|---|
| Rente d'invalidité partielle | 10 080 € |
| Rente d'invalidité totale | 20 160 € |
| Rente de conjoint survivant | 10 080 € |
| Rente d'éducation, par enfant | 7 560 € |
Et en cas de décès, un capital : 54 432 euros pour un conjoint avec descendants à charge, 36 288 euros pour un conjoint sans descendant, 18 144 euros à défaut d'ayant droit prioritaire.
Fiscalement, les prestations du régime invalidité-décès sont imposables, à deux exceptions près qui sont exonérées : la majoration pour tierce personne et le capital décès.
C'est la vocation d'un contrat de prévoyance facultative. Les cotisations sont déductibles dans la limite de 3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du PASS, soit une partie fixe de 3 364 euros avec le PASS 2026, le tout dans un plafond global de 3 % de huit fois le PASS, soit 11 534 euros, santé et prévoyance confondues.
Rappelons enfin que vos cotisations CARPIMKO obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice, sans limitation de montant, sur le fondement de l'article 154 bis du CGI.
Sources : ameli.fr, arrêt maladie des professions libérales (carence, durée, formule et plafond de 197,51 €) ; urssaf.fr, taux de cotisations praticien ou auxiliaire médical, page mise à jour le 20 mars 2026 (cotisation IJ de 0,3 %) ; carpimko.com, prévoyance en cas d'incapacité, d'invalidité et de décès (allocation de 55,44 €, rentes et capitaux) ; carpimko.com, questions fréquentes (fiscalité des prestations) ; BOI-BIC-CHG-40-50-40-20 et BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (plafond Madelin) ; article 154 bis du CGI (déductibilité des cotisations obligatoires). Les IJ du tableau sont calculées avec la formule officielle du 1/730e appliquée au revenu annuel moyen.
Parlons-en lors d'un premier rendez-vous, sans engagement. Nous chiffrons et nous vous disons si l'opération a du sens.
Prendre rendez-vous