Simulateur · Ascencia

Combien valent vos titres ? La méthode de l’administration

Donation, succession, cession, contrôle fiscal : l’administration cherche la valeur vénale de vos titres. Le guide de la DGFiP, refondu en juin 2026, en fixe la méthode. Ce simulateur multicritère l’applique — patrimonial, rentabilité, recoupements, pondération et décotes — pour une première estimation argumentée.

Il n’existe pas de « valeur fiscale » unique d’une entreprise : pour asseoir un impôt, on recherche la valeur vénale, celle qui résulterait du jeu normal de l’offre et de la demande à la date du fait générateur. Le guide de la DGFiP (édition juin 2026) combine plusieurs approches et rappelle qu’il ne fournit « pas de formules mécaniquement applicables » : ce simulateur donne un ordre de grandeur argumenté, c’est une estimation indicative, non opposable.

1. Les approches, et quand chacune domine

Approche patrimoniale (actif net réévalué) : les capitaux propres corrigés des plus ou moins-values latentes. Elle domine pour les sociétés patrimoniales (holdings passives, SCI), où la valeur tient à ce que la société possède.
Approche par la rentabilité (capitalisation du résultat normatif) : on capitalise le résultat récurrent à un taux qui reflète le risque (Gordon-Shapiro). Elle domine pour les sociétés d’exploitation, qui valent par ce qu’elles produisent.
Recoupements : la valeur de rendement (dividende ÷ taux exigé, pertinente pour un minoritaire) et les multiples (VE = multiple × EBE, moins la dette nette) servent à vérifier l’ordre de grandeur.

La combinaison, pas la méthode uniqueSauf société purement patrimoniale, le guide pondère patrimonial et rentabilité selon la nature de la société et selon que le paquet de titres est majoritaire (pouvoir de décision) ou minoritaire. Fait clé du guide 2026 : le caractère minoritaire se traite par la pondération, pas par une décote de minorité supplémentaire.

2. Primes et décotes : jamais mécaniques

La valeur pondérée est ajustée d’un facteur unique et argumenté : décote d’illiquidité (titres non cotés difficiles à revendre), décote pour dépendance à un homme-clé, ou décote de holding (globale : elle couvre déjà illiquidité et structure, et exclut toute autre décote). Règles d’or du guide : appréciation globale du niveau, jamais d’empilement mécanique ; et lorsque plusieurs décotes de causes distinctes se justifient, elles se combinent en cascade (multiplicatif), pas en addition.

3. Votre estimation

Profil de la société et du paquet de titres

Détermine la clé de pondération patrimonial / rentabilité (grille du guide, p. 50)

Le contrôle est intégré dans la pondération, pas dans une décote

Approche patrimoniale — actif net réévalué

Actif net comptable au dernier bilan (hors frais d’établissement, à retrancher)

Fonds, marques, immobilier utiles à l’activité : comptés bruts (pas d’impôt latent, valeur d’utilité)

Biens cessibles sans nuire à l’activité : ici l’impôt latent est déductible

IS de droit commun ≈ 25 %. Appliqué aux seules plus-values hors exploitation

Actif net réévalué (ANR)
Approche par la rentabilité — capitalisation du résultat

Performance durable : moyenne pondérée sur 3 ans, retraitée de la rémunération de marché du dirigeant et des éléments exceptionnels

OAT 10 ans, à la date du fait générateur

Sensibilité au risque : 0,5 (défensif) à 1,5 (cyclique / tech)

Prime des actions ≈ 5 à 8 %

Petite taille, dépendance, illiquidité intrinsèque. À ne pas cumuler avec une décote d’illiquidité qui ferait double emploi

Prudente, proche du PIB long terme (1 à 2,5 %). Doit rester inférieure au taux

Taux de capitalisation retenu
Recoupements optionnels

Valeur de rendement = dividende ÷ taux exigé. Laissez 0 si pas de distribution régulière

Rendement des actions cotées comparables (dividende / cours)

Pour la méthode des multiples. 0 pour l’ignorer

Secteur : ≈ 4 à 7× pour une PME

Dettes financières − trésorerie. Négative si trésorerie nette

Ajustements — décotes

Titres non cotés : ≈ 20 à 30 % sur base boursière ; souvent déjà en partie dans la prime de taille

Dépendance à un dirigeant : ≈ 10 %

Globale (≈ 10 %) : si renseignée, elle remplace les deux décotes ci-contre

4. Répartition usufruit / nue-propriété

En cas de donation ou de succession démembrée, la valeur en pleine propriété se répartit selon le barème de l’article 669 du CGI — le seul barème réellement opposable en matière de droits de mutation à titre gratuit — en fonction de l’âge de l’usufruitier.

Reportez l’estimation retenue ci-dessus

Barème viager de l’article 669 I du CGI

Une valorisation qui tient face à l’administration

Donation, transmission, cession, pacte Dutreil, rescrit valeur : au-delà de l’ordre de grandeur, un dossier d’évaluation motivé et multicritère sécurise votre opération et renverse la charge de la preuve. Construisons-le ensemble.

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Pour aller plus loin
Cet outil complète notre article détaillé Combien valent vos titres ? La méthode d'évaluation de la DGFiP, refondue en 2026 →
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