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Vendre un bien immobilier plus cher qu’on ne l’a payé génère une plus-value souvent taxée. Mais entre l’exonération de la résidence principale, les abattements pour durée de détention et les cas particuliers, le montant réellement dû varie énormément. Voici comment le calculer précisément en 2026.
La plus-value immobilière est le gain réalisé lors de la vente d’un bien : la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition. Elle concerne les particuliers qui cèdent un bien dans le cadre de la gestion de leur patrimoine privé : résidence secondaire, logement locatif, terrain, parts de SCI à l’impôt sur le revenu, etc.
Toutes les ventes ne sont pas taxées. Certaines sont totalement exonérées (résidence principale notamment), d’autres bénéficient d’abattements qui réduisent, voire annulent, l’imposition. Le calcul se fait au moment de la signature de l’acte authentique chez le notaire, qui collecte et reverse l’impôt pour le compte du vendeur.
La plus-value brute correspond au prix de vente diminué du prix d’achat, chacun pouvant être ajusté par des forfaits ou justificatifs prévus par la loi.
C’est le prix figurant dans l’acte de vente. On peut en déduire certains frais supportés par le vendeur (diagnostics obligatoires, mainlevée d’hypothèque, par exemple).
Au prix d’achat réel, on ajoute deux postes qui augmentent la base d’achat et donc réduisent la plus-value imposable :
Une fois la plus-value brute déterminée et les abattements appliqués (voir section suivante), la plus-value nette est imposée à deux niveaux distincts :
| Composante | Taux 2026 |
|---|---|
| Impôt sur le revenu (forfaitaire) | 19 pour cent |
| Prélèvements sociaux | 17,2 pour cent |
| Taxation globale de base | 36,2 pour cent |
À cette imposition de base peut s’ajouter une surtaxe pour les plus-values les plus élevées (voir section 5). L’assiette de l’impôt sur le revenu (19 pour cent) et celle des prélèvements sociaux (17,2 pour cent) ne sont pas identiques, car les abattements pour durée de détention diffèrent selon les deux régimes.
Plus on détient un bien longtemps, plus la plus-value imposable diminue. C’est le mécanisme central à connaître. Les cadences ne sont pas les mêmes pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.
| Duree de détention | Abattement IR | Abattement prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu’à 5 ans | 0 pour cent | 0 pour cent |
| De la 6e à la 21e année | 6 pour cent par an | 1,65 pour cent par an |
| 22e année | 4 pour cent | 1,60 pour cent |
| De la 23e à la 30e année | Exonération totale | 9 pour cent par an |
Concretement :
Entre 22 et 30 ans, le bien n’est donc plus soumis à l’impôt sur le revenu, mais reste partiellement soumis aux prélèvements sociaux. L’exonération totale, tous prélèvements confondus, n’est acquise qu’à 30 ans.
Exemple Un couple a acheté une résidence secondaire 200 000 euros il y a 15 ans, avec 15 000 euros de frais (forfait 7,5 pour cent). Sans travaux justifiés, il applique le forfait de 15 pour cent, soit 30 000 euros. Le prix d’achat majoré ressort à 245 000 euros. Le bien est vendu 350 000 euros : la plus-value brute est de 105 000 euros. Après 15 ans, l’abattement IR est de 6 pour cent x 10 années au-delà de la 5e, soit 60 pour cent ; la plus-value imposable a l’IR tombe à 42 000 euros, taxée à 19 pour cent. Pour les prélèvements sociaux, l’abattement de 1,65 pour cent x 10 donne 16,5 pour cent ; la base est de 87 675 euros, taxée à 17,2 pour cent. L’impôt total ressort à un peu plus de 23 000 euros, contre environ 38 000 euros sans aucun abattement.
Au-delà de l’imposition de base, une taxe supplémentaire s’applique lorsque la plus-value imposable (après abattements pour durée de détention) dépasse 50 000 euros par vendeur. Son taux est progressif, de 2 à 6 pour cent selon le montant.
Pour les plus-values les plus importantes, la taxation globale peut ainsi atteindre environ 42 pour cent. Le calcul précis du barème par tranches comporte des mécanismes de lissage entre les seuils : faites-le vérifier avant de signer.
La vente de la résidence principale au jour de la cession est totalement exonérée, sans condition de durée. C’est l’exonération la plus large et la plus fréquente. Le bien doit être effectivement occupé à titre de résidence principale jusqu’à la mise en vente.
Un contribuable qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années precedentes peut, sous conditions, être exonéré lors de la première vente d’un autre logement, à hauteur de la fraction du prix remployée à l’acquisition ou la construction de sa résidence principale dans un délai de deux ans. Cette exonération ne peut être accordée qu’une seule fois.
Les ventes dont le prix n’excède pas 15 000 euros sont exonérées (ce seuil s’apprécie par bien et par cédant).
Sous conditions de ressources et de non-assujettissement à l’impôt sur la fortune immobilière, certaines personnes âgées ou invalides, ainsi que les résidents d’établissements spécialisés, peuvent bénéficier d’une exonération. Les plafonds de revenu fiscal de référence sont revalorisés chaque année : vérifiez le seuil applicable à votre situation avant de conclure.
La plus-value se prépare en amont, parfois plusieurs années avant la vente :
Pour les investisseurs en location meublée, la logique est différente : le régime LMNP ou la société à l’IS modifient la mécanique des plus-values de sortie. Mieux vaut anticiper ce point dès le montage.
Oui, sans condition de durée, dès lors que le bien constitue votre résidence principale effective au jour de la vente. Les dépendances vendues en même temps (cave, garage, parking proche) suivent généralement le même régime.
L’impôt sur le revenu disparaît après 22 ans de détention. Les prélèvements sociaux ne disparaissent qu’après 30 ans. L’exonération totale, tous prélèvements confondus, est donc acquise à 30 ans.
C’est le notaire chargé de la vente qui établit la déclaration, retient l’impôt sur le prix et le reverse à l’administration. Le vendeur reçoit le net. Il est donc essentiel de vérifier le calcul avant la signature.
Non. Seuls les travaux facturés par une entreprise sont retenus pour majorer le prix d’acquisition. Les matériaux achetés et posés par vous-même ne sont pas pris en compte, d’où l’intérêt du forfait de 15 pour cent après cinq ans.
Une SCI à l’impôt sur le revenu applique le même régime de plus-value des particuliers, au prorata des parts. En revanche, une SCI à l’impôt sur les sociétés relève d’un régime totalement différent, souvent moins favorable à la sortie. Le choix se fait dès la création.
Chaque situation merite un calcul précis : structure de détention, durée, travaux, surtaxe. Faisons le point ensemble avant que les décisions ne soient irreversibles.
Être accompagné par un expert-comptableTester le simulateur LMNPEtudier une détention en société