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Louer un bien au Maroc : abattement de 40 %, retenue à la source ou option à 20 % ?

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Ile-de-France. Mis à jour le 13 juillet 2026.

Vous vivez en France et vous louez un appartement à Casablanca, Marrakech ou Tanger. Vos loyers sont imposables au Maroc, c’est entendu. Mais depuis janvier 2025, vous avez un choix à faire, et il change le montant que vous payez. Encore faut-il savoir qu’il existe.

1. Le principe : imposable au Maroc

Si vous disposez d’une habitation au Maroc que vous louez, ou que vous mettez gratuitement à disposition de personnes autres que vos parents ou vos enfants, vous êtes soumis à l’impôt sur le revenu marocain au titre des revenus fonciers.

Cette règle découle du principe universel en fiscalité internationale : les revenus immobiliers sont imposés là où se situe l’immeuble. Elle est confirmée par la BOFiP, convention fiscale France-Maroc.

Attention au raccourci.Imposable au Maroc ne signifie pas invisible en France. Si vous êtes résident fiscal français, ces revenus doivent être portés à la connaissance de l’administration française, selon les modalités prévues par la convention pour éliminer la double imposition. Les taire n’est pas une optimisation.

2. L’abattement de 40 %

Bonne nouvelle pour commencer : vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 40 % sur vos revenus fonciers bruts avant leur imposition au barème progressif marocain. Source : Guide fiscal des MRE 2025, Direction générale des impôts du Maroc.

Cet abattement est forfaitaire : il remplace la déduction de vos charges réelles. Vous n’avez donc ni à justifier ni à comptabiliser vos dépenses d’entretien pour en bénéficier. En contrepartie, si vos charges réelles dépassent 40 % de vos loyers, vous ne pouvez pas les déduire davantage.

3. La retenue à la source : 10 % ou 15 %

Quand votre locataire est une personne morale, publique ou privée, ou une personne physique dont les revenus professionnels relèvent du résultat net réel ou du résultat net simplifié, c’est lui qui prélève l’impôt à la source. Les taux sont les suivants :

Point capital : ces taux ne sont pas libératoires. La retenue opérée par votre locataire s’impute sur le montant total de votre impôt de l’année, mais elle ne solde pas votre situation. Vous restez tenu de déclarer.

4. La nouveauté 2025 : l’option libératoire à 20 %

C’est le changement que beaucoup de propriétaires ignorent encore. Depuis janvier 2025, vous pouvez opter pour l’imposition au taux libératoire de 20 % sur le montant brut de vos revenus fonciers soumis à la retenue à la source.

Cette option a une contrepartie appréciable : elle vous dispense de souscrire la déclaration annuelle du revenu global, pour la partie de vos revenus concernée.

Comment arbitrer ?Le taux libératoire de 20 % s’applique au brut, sans abattement. La voie du barème applique l’abattement de 40 % puis un barème progressif dont les premières tranches sont faibles. Autrement dit, le libératoire simplifie mais n’est pas toujours moins cher : sur des loyers modestes, le barème après abattement peut être nettement plus favorable. Sur des loyers élevés, l’inverse devient vrai. Cela se calcule, cela ne se devine pas.

5. Vos obligations déclaratives

Si vous restez au barème, vous devez souscrire par procédé électronique la déclaration annuelle de votre revenu global au titre des revenus fonciers, et verser l’impôt correspondant, avant le 1er mars de l’année suivant celle de leur acquisition.

Notez aussi que la retenue à la source de 10 ou 15 % opérée par votre locataire est imputable sur votre impôt de l’année d’encaissement des revenus. Ne l’oubliez pas dans votre calcul : c’est un acompte, pas une taxe perdue.

6. Le point que nous voyons le plus souvent

Le contrôle des revenus locatifs non déclarés s’est nettement renforcé. Les locations meublées de courte durée, en particulier via les plateformes, sont désormais un point d’attention.

Notre conseil est simple et sans détour : régularisez avant qu’on ne vous le demande. Un rappel d’impôt assorti de pénalités sur plusieurs années coûte infiniment plus cher que l’impôt lui-même, et la coopération entre administrations rend l’opacité de moins en moins tenable.

Pour aller plus loin

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