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Votre conjoint participe à la vie de l’entreprise : il tient la comptabilité, répond aux clients, gère les commandes. Depuis 2019, déclarer son activité n’est plus une option mais une obligation légale. Reste à choisir le bon statut, car les conséquences sur la protection sociale, le coût et la fiscalité sont très différentes.
Beaucoup de dirigeants pensent encore que faire travailler son conjoint « gratuitement » est une situation neutre. C’est faux. Le travail dissimulé du conjoint expose à un redressement et, surtout, prive ce dernier de toute protection sociale et de tout droit à la retraite.
La loi impose donc au chef d’entreprise de déclarer l’activité professionnelle régulière de son conjoint et d’indiquer le statut choisi. Le conjoint doit lui-même fournir une attestation sur l’honneur mentionnant l’activité exercée et le statut retenu.
C’est le statut le plus répandu dans les TPE, les commerces et les professions libérales. Le conjoint collaborateur participe à l’activité sans percevoir de rémunération et sans détenir de parts sociales. Il bénéficie pourtant d’une vraie protection sociale.
Le conjoint collaborateur choisit son assiette de cotisation parmi plusieurs options. À défaut de choix, une assiette forfaitaire s’applique : un tiers du plafond annuel de la Sécurité sociale pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées, la moitié pour les professions relevant de la Cipav. Il peut aussi opter pour une assiette assise sur une fraction du revenu du chef d’entreprise, avec ou sans partage de ce revenu.
C’est le changement le plus structurant de ces dernières années. Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, le statut de conjoint collaborateur est limité à une durée de cinq ans.
Concrètement, de nombreux conjoints collaborateurs arrivent au terme de leur période en 2026 et doivent anticiper le basculement. C’est le bon moment pour réfléchir au statut cible.
Le conjoint salarié signe un véritable contrat de travail avec l’entreprise. Il est traité comme n’importe quel salarié : bulletin de paie, cotisations au régime général, droits à l’assurance chômage sous conditions.
Le salaire versé au conjoint est déductible du résultat de l’entreprise, ce qui réduit la base imposable. Du côté du conjoint, ce salaire est imposé comme un traitement et salaire de droit commun, après l’abattement de 10 pour cent pour frais professionnels.
Le conjoint associé détient des parts sociales ou des actions de la société. Il participe aux décisions collectives, vote en assemblée et a vocation à percevoir des dividendes. Ce statut suppose donc une société (SARL, EURL avec entrée d’un second associé, SAS, SASU transformée, SCI).
Les dividendes versés à un conjoint associé d’une société à l’impôt sur les sociétés relèvent, par défaut, du prélèvement forfaitaire unique (la flat tax). En 2026, son taux global atteint 31,4 pour cent, soit 12,8 pour cent d’impôt sur le revenu et 18,6 pour cent de prélèvements sociaux. La société, elle, est imposée à l’IS au taux réduit de 15 pour cent jusqu’à 42 500 euros de bénéfice, puis 25 pour cent au-delà, sous réserve de remplir les conditions du taux réduit (capital entièrement libéré et détenu majoritairement par des personnes physiques, chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros).
Exemple Une SARL dont le couple est cogérant dégage 60 000 euros de bénéfice. Après IS (15 pour cent sur les premiers 42 500 euros, soit 6 375 euros, puis 25 pour cent sur 17 500 euros, soit 4 375 euros), il reste environ 49 250 euros distribuables. Si le couple distribue 20 000 euros au conjoint associé, la flat tax prélève 6 280 euros (31,4 pour cent), laissant 13 720 euros nets. Le partage du capital permet aussi d’organiser progressivement la transmission familiale.
| Critère | Conjoint collaborateur | Conjoint salarié | Conjoint associé |
|---|---|---|---|
| Rémunération | Aucune | Salaire (contrat de travail) | Dividendes possibles |
| Détention de parts | Non | Non | Oui |
| Régime social | Indépendants | Régime général | Selon activité et capital |
| Coût pour l’entreprise | Faible (cotisations forfaitaires) | Élevé (charges salariales et patronales) | Variable |
| Durée | Limitée à 5 ans | Illimitée | Illimitée |
| Structure requise | EI, EURL, SARL (gérant majoritaire) | Toutes | Société uniquement |
Le bon statut dépend de votre forme juridique, de votre budget de cotisations et de vos objectifs patrimoniaux.
Oui. Depuis 2022, le statut est ouvert au conjoint marié, au partenaire de PACS et au concubin, dès lors que la participation à l’activité est régulière.
Oui. Le conjoint collaborateur cotise à la Sécurité sociale des indépendants pour sa retraite de base, sa retraite complémentaire et l’invalidité-décès, selon l’assiette qu’il a choisie.
Il faut opter pour le statut de conjoint salarié ou de conjoint associé. À défaut de choix, le statut de conjoint salarié s’applique automatiquement.
Oui, sous réserve d’un travail effectif, d’une rémunération normale et du paiement des cotisations sociales. Le salaire est alors déductible du résultat et imposé chez votre conjoint comme un salaire classique.
Oui, c’est possible : il peut détenir des parts et exercer en parallèle un emploi salarié distinct au sein de la société, à condition que le lien de subordination soit réel pour la partie salariée.
Forme juridique, coût des cotisations, protection sociale, transmission : le bon statut du conjoint se décide au cas par cas. Le cabinet Ascencia vous aide à arbitrer et à sécuriser votre choix.
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