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Auto-entrepreneur en 2026 : plafonds, cotisations et pièges à éviter

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 1er juillet 2026.

Le statut d’auto-entrepreneur reste la voie d’entrée la plus simple vers l’indépendance. Mais 2026 apporte son lot de nouveautés : hausse des cotisations sur les prestations libérales, seuils de TVA confirmés après l’abandon de la réforme, évolution de l’ACRE. Voici un point complet et fiable pour piloter votre micro-entreprise sans mauvaise surprise.

1. Les plafonds de chiffre d’affaires 2026

Pour rester au régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel hors taxes ne doit pas dépasser :

Ces plafonds s’apprécient sur l’année civile. En cas de première année d’activité, ils sont proratisés au nombre de jours d’exercice. Un dépassement durant deux années consécutives fait basculer hors du régime micro l’année suivante.

2. Les taux de cotisations sociales 2026

Vous cotisez en pourcentage de votre chiffre d’affaires encaissé : pas de CA, pas de cotisations. Les taux 2026 varient selon la nature de l’activité.

ActivitéTaux de cotisations 2026
Vente de marchandises et fourniture de logement (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)21,2 %
Professions libérales non réglementées (BNC, hors CIPAV)25,6 %
Professions libérales réglementées relevant de la CIPAV23,2 %
Le piège n°1 : la hausse des cotisations BNCLe taux des prestations libérales non réglementées (BNC hors CIPAV) a été relevé progressivement : il est passé de 23,1 % à 24,6 % en 2025, puis à 25,6 % au 1er janvier 2026 (plus 1 point). Si vous établissez vos devis sur d’anciens taux, vous sous-estimez vos charges. Pensez à provisionner sur la base de 2026.

3. Le versement libératoire de l’impôt

En option, vous pouvez payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires. Les taux 2026 sont :

Cette option n’est accessible que si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial. Elle est intéressante si vous êtes imposable ; à l’inverse, si vous êtes peu ou pas imposable, elle vous ferait payer un impôt que vous ne devriez pas.

Le piège n°2 : le versement libératoire à l’aveugleSi vous êtes non imposable, le versement libératoire vous fait payer 1 % à 2,2 % d’impôt pour rien, sans remboursement possible. Vérifiez votre situation fiscale avant d’opter.

4. La franchise en base de TVA : la réforme abandonnée

C’est l’un des grands sujets de 2026. Le projet d’abaisser à 25 000 € puis 37 500 € un seuil unique de franchise de TVA, très débattu fin 2025, a finalement été abandonné par le Parlement. Les seuils restent donc inchangés en 2026 :

ActivitéSeuil de franchiseSeuil majoré (de tolérance)
Vente de marchandises et fourniture de logement85 000 €93 500 €
Prestations de services et professions libérales37 500 €41 250 €

En dessous de ces seuils, vous ne facturez pas de TVA et vous ne la récupérez pas. Au-delà du seuil majoré, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du dépassement.

Le piège n°3 : franchir le seuil de TVA sans s’y préparerSi votre clientèle est composée de particuliers, devenir redevable de la TVA renchérit vos prix de 20 %. Anticipez ce basculement et ajustez votre stratégie tarifaire avant d’atteindre le seuil majoré.

5. La CFE et l’ACRE

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est due chaque année à partir de la deuxième année d’activité. Vous en êtes exonéré l’année de création. Une exonération s’applique aussi si votre chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €. Le montant minimum dépend de votre commune.

L’ACRE

L’ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales la première année d’activité. Elle réduit de moitié les taux de cotisations pendant les douze premiers mois pour les créateurs éligibles, ce qui allège fortement le démarrage. La demande s’effectue auprès de l’Urssaf, en principe au moment de la création.

6. Exemple chiffré

Exemple Lucas lance une activité de conseil (profession libérale BNC) et facture 40 000 € en 2026.

Cotisations sociales : 40 000 € x 25,6 % = 10 240 €.

S’il a opté pour le versement libératoire (revenu fiscal de référence éligible) : impôt de 40 000 € x 2,2 % = 880 €.

Son chiffre d’affaires (40 000 €) restant sous 83 600 €, il conserve le régime micro. Mais il dépasse le seuil de franchise de TVA de 37 500 € : il doit donc facturer la TVA et la déclarer. Sans anticipation, c’est 20 % de marge en moins sur une clientèle de particuliers.

7. Micro-entreprise ou société : à quel moment basculer ?

Le statut micro reste imbattable pour démarrer, tester une idée ou exercer en complément. Il montre toutefois ses limites quand les charges réelles deviennent élevées, quand on approche les plafonds, ou quand on veut se rémunérer en optimisant cotisations et impôt. Passer en société (EURL, SASU) permet alors de déduire ses frais réels et de piloter sa rémunération.

8. Foire aux questions

Le taux de cotisations BNC a-t-il vraiment augmenté en 2026 ?

Oui. Pour les professions libérales non réglementées (BNC hors CIPAV), le taux est passé à 25,6 % au 1er janvier 2026, après une hausse progressive entamée en 2024 (23,1 % puis 24,6 % en 2025).

Les seuils de TVA ont-ils changé en 2026 ?

Non. La réforme du seuil unique (25 000 € puis 37 500 €) a été abandonnée. Les seuils restent à 37 500 € pour les services (41 250 € majoré) et 85 000 € pour la vente (93 500 € majoré).

Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires en 2026 ?

188 700 € pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales.

Le versement libératoire est-il toujours intéressant ?

Seulement si vous êtes imposable et si votre revenu fiscal de référence respecte le plafond de 29 315 € par part. Si vous êtes non imposable, il vous fait payer un impôt inutile.

Quand suis-je redevable de la CFE ?

À partir de la deuxième année d’activité, sauf si votre chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €. La première année est exonérée.

Pour aller plus loin

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