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L’ACRE en 2026 : l’exonération de cotisations pour bien démarrer son activité

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 1er juillet 2026.

L’ACRE reste l’un des rares coups de pouce automatiques au lancement d’une activité : une exonération partielle de cotisations sociales sur les premiers mois. Mais 2026 marque un vrai tournant, avec une réforme qui divise l’avantage par deux et un nouveau délai à ne pas manquer. Voici ce qu’il faut comprendre avant de se lancer.

1. L’ACRE, c’est quoi exactement ?

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) est un dispositif géré par l’Urssaf qui permet aux créateurs et repreneurs d’entreprise de bénéficier d’une exonération partielle de leurs cotisations sociales personnelles pendant les premiers mois d’activité. L’objectif est simple : alléger la charge sociale au moment où la trésorerie est la plus fragile, c’est-à-dire au démarrage.

Attention à ne pas confondre l’ACRE avec d’autres aides souvent citées dans la même phrase :

L’ACRE concerne les cotisations sociales (maladie, maternité, allocations familiales, retraite de base, invalidité-décès). Elle ne porte pas sur la CSG-CRDS, ni sur la retraite complémentaire, ni sur la contribution à la formation professionnelle.

2. La réforme 2026 : l’avantage divisé par deux

C’est l’information majeure de l’année. Le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, pris en application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, a profondément modifié le calibrage de l’ACRE. Concrètement, le taux d’exonération passe de 50 % à 25 % des cotisations dues. Dit autrement, le taux minoré de cotisations est porté de 50 % à 75 % des taux habituels : vous payez désormais 75 % de vos cotisations normales au lieu de 50 %.

Le calendrier d’application n’est pas le même pour tout le monde, et c’est essentiel à comprendre :

Le timing est devenu stratégiquePour un micro-entrepreneur, démarrer le 30 juin 2026 plutôt que le 1er juillet pouvait faire la différence entre une exonération à 50 % et une exonération à 25 %. Si vous lisez ces lignes après cette date, le régime à 25 % s’applique : il reste avantageux, mais l’arbitrage de la date de création n’a plus d’effet rétroactif.

3. Qui peut en bénéficier ?

L’ACRE n’est plus accordée automatiquement à tous depuis plusieurs années. Pour les micro-entrepreneurs notamment, il faut appartenir à l’une des catégories éligibles. Les principaux bénéficiaires sont :

Deux conditions transversales s’appliquent à tous :

4. Combien ça rapporte vraiment ? Les seuils 2026

Pour les travailleurs indépendants de droit commun, l’exonération dépend du niveau de revenu, par référence au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026.

Revenu annuelNiveau d’exonération
Inférieur ou égal à 36 045 € (75 % du PASS)Exonération au taux ACRE plein : 25 % des cotisations exonérées
Entre 36 045 € et 48 060 €Exonération dégressive (elle diminue à mesure que le revenu augmente)
Supérieur à 48 060 € (PASS)Aucune exonération

Pour les micro-entrepreneurs, la logique est différente : l’ACRE se traduit par un taux de cotisations sociales réduit appliqué directement sur le chiffre d’affaires déclaré. Pour mémoire, les taux de droit commun 2026 hors ACRE sont les suivants :

ActivitéTaux normal 2026
Vente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)21,2 %
Professions libérales non réglementées (BNC)25,6 %
Professions libérales relevant de la CIPAV23,2 %

Avec l’ACRE à 25 %, un micro-entrepreneur ne paie plus que 75 % de ces taux pendant la période d’exonération. Là encore, ceux qui ont démarré avant le 1er juillet 2026 conservent le taux minoré plus généreux.

Exemple Sarah lance une activité de conseil en marketing en micro-entreprise (BNC, taux normal 25,6 %) le 15 septembre 2026. Éligible à l’ACRE, elle bénéficie du taux minoré à 75 %, soit un taux de cotisations effectif d’environ 19,2 % au lieu de 25,6 %. Sur un chiffre d’affaires de 30 000 € la première année, cela représente un peu plus de 1 900 € de cotisations économisées. C’est moins que les 50 % d’avant réforme, mais cela reste une bouffée d’oxygène au démarrage.

5. La durée de l’exonération

La durée n’est pas identique selon votre statut :

Cette nuance explique pourquoi, à chiffre d’affaires égal, deux micro-entrepreneurs ayant démarré à des dates différentes ne bénéficieront pas exactement de la même durée d’exonération.

6. La démarche : le délai de 60 jours à ne pas rater

C’est l’autre nouveauté 2026 à graver dans le marbre. La demande d’ACRE doit être déposée auprès de l’Urssaf au plus tard le 60e jour suivant la date de début d’activité. Ce délai s’applique depuis le 1er janvier 2026 pour les travailleurs indépendants de droit commun, et à compter du 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs.

La procédure se déroule en pratique ainsi :

Ne reportez pas la demandeLe délai de 60 jours est impératif. Passé cette date, vous perdez le bénéfice de l’ACRE pour cette création. Anticipez la collecte de vos justificatifs dès l’immatriculation, et ne supposez jamais que l’aide est attribuée d’office : pour les micro-entrepreneurs, la demande explicite est requise.

7. Articuler l’ACRE avec les autres aides et le choix de statut

L’ACRE peut se cumuler avec d’autres dispositifs, ce qui en fait une brique d’une stratégie de démarrage plus large :

Surtout, l’ACRE ne doit jamais piloter à elle seule le choix de votre forme juridique. Le bon arbitrage entre micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL ou SASU dépend de votre niveau de revenu cible, de votre besoin de protection sociale, de vos charges réelles et de votre fiscalité. L’exonération ACRE n’est qu’un avantage temporaire de démarrage : elle ne compense jamais un statut mal choisi sur le long terme.

C’est tout l’intérêt de modéliser plusieurs scénarios avant de créer, pour comparer le coût social et fiscal réel de chaque option sur trois à cinq ans, ACRE comprise.

8. FAQ : vos questions sur l’ACRE en 2026

L’ACRE est-elle automatique pour les micro-entrepreneurs en 2026 ?

Non. Les micro-entrepreneurs doivent en faire la demande expresse auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité, et appartenir à une catégorie éligible. L’attribution automatique n’existe plus.

Pourquoi mon voisin a eu 50 % et moi seulement 25 % ?

Parce que le taux dépend de la date de création. Les micro-entreprises immatriculées avant le 30 juin 2026 conservent l’ancien taux à 50 %. Celles créées à compter du 1er juillet 2026 relèvent du nouveau taux à 25 %.

Puis-je bénéficier de l’ACRE plusieurs fois ?

Pas dans un délai rapproché. Vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédant votre nouvelle demande. Ce délai de carence est strictement appliqué.

Que se passe-t-il si mon revenu dépasse le PASS ?

Pour les travailleurs indépendants de droit commun, l’exonération devient dégressive au-delà de 36 045 € de revenu, puis disparaît totalement lorsque le revenu dépasse le PASS, soit 48 060 € en 2026.

Un dirigeant de SASU peut-il avoir l’ACRE ?

Oui, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité et de contrôle de la société. Le dirigeant assimilé salarié relevant du régime général bénéficie de l’exonération sur ses cotisations dans les mêmes limites de revenu, depuis le 1er janvier 2026.

Pour aller plus loin

Bien démarrer, c’est d’abord bien choisir son statut

Avant de vous lancer, faites chiffrer vos scénarios pour comparer micro, entreprise individuelle et société, ACRE comprise. Nous accompagnons les freelances, consultants et indépendants à chaque étape.

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