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Guyane et Antilles sont souvent traitées comme un bloc unique, l’outre-mer. Fiscalement, ce sont deux régimes distincts, et l’écart entre les deux est bien plus large qu’un simple point de pourcentage. Voici ce qui les sépare vraiment.
La réduction du montant de votre impôt sur le revenu diffère selon votre département :
Source : BOFiP. L’écart de taux saute aux yeux. L’écart de plafond, moins : il est pourtant celui qui détermine votre situation réelle, parce que la plupart des professionnels dépassent les deux.
Pour tout contribuable qui dépasse les seuils de plafonnement, le calcul est d’une simplicité déconcertante : 4 050 moins 2 450 égale 1 600 euros. C’est l’écart annuel entre exercer en Guyane et exercer aux Antilles, à revenu identique.
Sur un revenu imposable de 90 000 euros pour un célibataire, l’impôt métropolitain s’élève à 20 701 euros. Il tombe à 16 651 euros en Guyane et à 18 251 euros aux Antilles. Sur une carrière de vingt ans, l’écart cumulé approche 32 000 euros.
Le plafond aux Antilles étant plus bas, il est atteint plus tôt. Pour un célibataire d’une part :
Cette nuance compte surtout pour les revenus intermédiaires. Un infirmier libéral à 50 000 euros de base imposable est déjà plafonné aux Antilles, alors qu’il bénéficie encore du taux plein en Guyane. Pour lui, l’écart entre les deux territoires n’est pas de 1 600 euros mais de quelques centaines seulement.
Si l’on ne devait retenir qu’une distinction entre les deux territoires, ce ne serait pas l’abattement. Ce serait la TVA.
La TVA n’est provisoirement pas applicable en Guyane ni à Mayotte, alors qu’elle s’applique aux Antilles et à La Réunion, à des taux spécifiques inférieurs à ceux de la métropole. Source : impots.gouv.fr.
Pour un professionnel de santé dont les actes de soins sont de toute façon exonérés, cette différence reste théorique. Pour un commerçant, un prestataire ou un praticien ayant des recettes accessoires taxables, elle change en revanche toute la mécanique de facturation et de récupération.
Ne construisez pas de stratégie sur l’écart d’abattement : 1 600 euros annuels ne renversent aucune décision structurante. Construisez-la sur les leviers non plafonnés, qui produisent des effets d’un tout autre ordre : forme juridique, arbitrage rémunération et dividendes, capitalisation, immobilier.
L’abattement ultramarin est un acquis, pas une stratégie. La bonne question n’est pas de savoir combien il vous rapporte, mais ce qu’il vous reste à optimiser une fois qu’il est plafonné.
Au-delà de l’abattement, ce sont vos choix de structure qui décident de votre revenu net. Nous les chiffrons avec vous, à distance.
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