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Sous-location meublée (Airbnb) : comment la déclarer aux impôts en 2026 ?

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 1er juillet 2026.

Vous louez votre logement et vous en sous-louez une partie, ou la totalité pendant vos absences, sur Airbnb ou Booking ? Depuis la loi Le Meur, les règles ont changé et le fameux seuil de 15 000 euros peut vous faire basculer au régime réel. Voici comment déclarer correctement en 2026, sans mauvaise surprise.

1. Première règle : la sous-location, ce n’est jamais du foncier

Point de départ essentiel : en sous-location, vous n’êtes pas propriétaire du logement. Les loyers que vous percevez ne sont donc jamais des revenus fonciers. Pour de la sous-location meublée, ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). C’est cette qualification qui détermine tout le reste : seuils, régimes et déclaration.

2. Trois situations très différentes

La sous-location de votre résidence principale recouvre trois cas qui n’obéissent pas du tout aux mêmes règles. Il faut d’abord identifier le vôtre.

SituationRégime fiscal
Cas 1 — Une pièce louée à quelqu’un qui en fait sa résidence principale (article 35 bis du CGI)Exonération totale, rien à déclarer, si le loyer reste sous les plafonds (en 2025 : 206 euros/m²/an en Île-de-France, 152 euros/m²/an ailleurs). Dispositif ouvert jusqu’au 31 décembre 2026.
Cas 2 — Courte durée type Airbnb (meublé de tourisme non classé)Micro-BIC avec abattement de 30 % jusqu’à 15 000 euros de recettes, puis régime réel au-delà. Le cas le plus fréquent.
Cas 3 — Meublé de tourisme classé ou chambres d’hôtesRégime plus favorable conservé : abattement de 50 % jusqu’à 77 700 euros. Exonération pour les chambres d’hôtes si les recettes ne dépassent pas 760 euros par an.
Le seuil de 15 000 euros est récentAvant la loi Le Meur, le meublé de tourisme non classé bénéficiait du régime à 77 700 euros et 50 % d’abattement, comme les autres meublés. La baisse à 15 000 euros et 30 % s’applique fermement à compter des revenus 2025.

3. Quand vous dépassez 15 000 euros : le passage au réel

Au-delà de 15 000 euros de recettes de location courte durée non classée, vous basculez au régime réel. Une nuance de calendrier compte : le seuil s’apprécie sur les recettes des deux années précédentes. Le réel ne s’impose donc que si vous avez dépassé 15 000 euros deux années consécutives. Si ce n’est pas encore le cas, une option pour le réel reste possible, dans des délais à vérifier.

Au réel, vous tenez une comptabilité commerciale et déposez une déclaration de résultat (liasse 2031), puis vous reportez le résultat sur votre déclaration de revenus (2042-C-PRO). Vous perdez l’abattement forfaitaire, mais vous déduisez vos charges réelles.

4. Au réel : quelles charges déduire en sous-location ?

C’est ici que la sous-location se distingue nettement de la location meublée d’un propriétaire.

Ce que vous déduisez :

Ce que vous ne pouvez pas déduire : l’amortissement du logement lui-même. Vous n’en êtes pas propriétaire, donc pas d’amortissement du bâti, ni de taxe foncière (elle reste au bailleur). C’est précisément ce levier qui rend le statut de propriétaire si efficace, et qui vous manque ici.

Pourquoi le réel est souvent gagnant en sous-locationContrairement à l’intuition, le réel l’emporte presque toujours. Comme vous reversez une grande partie de vos recettes en loyer (souvent plus de 30 %), vos charges déductibles dépassent vite l’abattement forfaitaire de 30 % du micro. Bonus : votre base imposable baisse, et donc vos prélèvements sociaux aussi, qui pèsent souvent le plus lourd.

5. Les démarches à ne pas oublier

6. TVA et seuil social : deux points à connaître

TVA : la sous-location meublée d’habitation est en principe exonérée de TVA. Vous n’y êtes assujetti que si vous fournissez des prestations para-hôtelières (au moins 3 services sur 4 : petit-déjeuner, ménage en cours de séjour, linge, accueil). Et même dans ce cas, la franchise en base vous dispense de facturer la TVA tant que vos recettes restent sous 85 000 euros (seuil de l’hébergement, et non 37 500 euros).

Seuil social : si vos recettes de courte durée dépassent 23 000 euros par an, vous devez vous affilier à la sécurité sociale des indépendants, et vos prélèvements sociaux laissent place à des cotisations. Un seuil à anticiper si l’activité monte.

Exemple Vous percevez 19 000 euros de recettes Airbnb, en reversant 11 000 euros de loyer à votre propriétaire. Au micro (30 % d’abattement), vous seriez imposé sur 13 300 euros. Au réel, après déduction du loyer reversé, des commissions et des charges, votre bénéfice imposable tombe souvent autour de 5 000 à 6 000 euros : impôt et prélèvements sociaux nettement réduits.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer si je sous-loue une chambre à un étudiant à l’année ?

Si le sous-locataire en fait sa résidence principale et que le loyer reste raisonnable, vous êtes exonéré au titre de l’article 35 bis jusqu’au 31 décembre 2026.

Le seuil de 15 000 euros s’apprécie comment ?

Sur vos recettes des deux années précédentes. Le réel devient obligatoire si vous avez dépassé 15 000 euros deux années de suite ; sinon, le réel reste possible sur option.

Puis-je amortir le logement comme en LMNP classique ?

Non. Vous n’êtes pas propriétaire : pas d’amortissement du bâti. Mais le loyer reversé compense très largement.

Faut-il l’accord de mon propriétaire ?

Oui, un accord écrit est nécessaire pour sous-louer, préalable juridique distinct de la fiscalité.

Pour aller plus loin

Vous sous-louez en courte durée ? Faisons le point

On vérifie votre régime, on crée votre SIRET et on met en place votre comptabilité au réel.

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