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Plus-value immobilière des particuliers : calcul, abattements et exonérations en 2026

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 1er juillet 2026.

Vendre un bien immobilier plus cher qu’on ne l’a payé génère une plus-value souvent taxée. Mais entre l’exonération de la résidence principale, les abattements pour durée de détention et les cas particuliers, le montant réellement dû varie énormément. Voici comment le calculer précisément en 2026.

1. Ce qu’est une plus-value immobilière imposable

La plus-value immobilière est le gain réalisé lors de la vente d’un bien : la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition. Elle concerne les particuliers qui cèdent un bien dans le cadre de la gestion de leur patrimoine privé : résidence secondaire, logement locatif, terrain, parts de SCI à l’impôt sur le revenu, etc.

Toutes les ventes ne sont pas taxées. Certaines sont totalement exonérées (résidence principale notamment), d’autres bénéficient d’abattements qui réduisent, voire annulent, l’imposition. Le calcul se fait au moment de la signature de l’acte authentique chez le notaire, qui collecte et reverse l’impôt pour le compte du vendeur.

2. Comment se calcule la plus-value brute

La plus-value brute correspond au prix de vente diminué du prix d’achat, chacun pouvant être ajusté par des forfaits ou justificatifs prévus par la loi.

Le prix de cession

C’est le prix figurant dans l’acte de vente. On peut en déduire certains frais supportés par le vendeur (diagnostics obligatoires, mainlevée d’hypothèque, par exemple).

Le prix d’acquisition majoré

Au prix d’achat réel, on ajoute deux postes qui augmentent la base d’achat et donc réduisent la plus-value imposable :

Conservez vos facturesLe forfait travaux de 15 pour cent n’est applicable qu’après cinq ans de détention. Au-delà, comparez toujours le forfait avec vos factures réelles : si vos travaux d’amélioration dépassent 15 pour cent du prix d’achat, retenez les factures, à condition qu’elles soient nominatives et réalisées par une entreprise.

3. Les taux d’imposition en 2026

Une fois la plus-value brute déterminée et les abattements appliqués (voir section suivante), la plus-value nette est imposée à deux niveaux distincts :

ComposanteTaux 2026
Impôt sur le revenu (forfaitaire)19 pour cent
Prélèvements sociaux17,2 pour cent
Taxation globale de base36,2 pour cent

À cette imposition de base peut s’ajouter une surtaxe pour les plus-values les plus élevées (voir section 5). L’assiette de l’impôt sur le revenu (19 pour cent) et celle des prélèvements sociaux (17,2 pour cent) ne sont pas identiques, car les abattements pour durée de détention diffèrent selon les deux régimes.

4. Les abattements pour durée de détention

Plus on détient un bien longtemps, plus la plus-value imposable diminue. C’est le mécanisme central à connaître. Les cadences ne sont pas les mêmes pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.

Duree de détentionAbattement IRAbattement prélèvements sociaux
Jusqu’à 5 ans0 pour cent0 pour cent
De la 6e à la 21e année6 pour cent par an1,65 pour cent par an
22e année4 pour cent1,60 pour cent
De la 23e à la 30e annéeExonération totale9 pour cent par an

Concretement :

Entre 22 et 30 ans, le bien n’est donc plus soumis à l’impôt sur le revenu, mais reste partiellement soumis aux prélèvements sociaux. L’exonération totale, tous prélèvements confondus, n’est acquise qu’à 30 ans.

Exemple Un couple a acheté une résidence secondaire 200 000 euros il y a 15 ans, avec 15 000 euros de frais (forfait 7,5 pour cent). Sans travaux justifiés, il applique le forfait de 15 pour cent, soit 30 000 euros. Le prix d’achat majoré ressort à 245 000 euros. Le bien est vendu 350 000 euros : la plus-value brute est de 105 000 euros. Après 15 ans, l’abattement IR est de 6 pour cent x 10 années au-delà de la 5e, soit 60 pour cent ; la plus-value imposable a l’IR tombe à 42 000 euros, taxée à 19 pour cent. Pour les prélèvements sociaux, l’abattement de 1,65 pour cent x 10 donne 16,5 pour cent ; la base est de 87 675 euros, taxée à 17,2 pour cent. L’impôt total ressort à un peu plus de 23 000 euros, contre environ 38 000 euros sans aucun abattement.

5. La surtaxe sur les plus-values élevées

Au-delà de l’imposition de base, une taxe supplémentaire s’applique lorsque la plus-value imposable (après abattements pour durée de détention) dépasse 50 000 euros par vendeur. Son taux est progressif, de 2 à 6 pour cent selon le montant.

Pour les plus-values les plus importantes, la taxation globale peut ainsi atteindre environ 42 pour cent. Le calcul précis du barème par tranches comporte des mécanismes de lissage entre les seuils : faites-le vérifier avant de signer.

6. Les principaux cas d’exonération

La résidence principale

La vente de la résidence principale au jour de la cession est totalement exonérée, sans condition de durée. C’est l’exonération la plus large et la plus fréquente. Le bien doit être effectivement occupé à titre de résidence principale jusqu’à la mise en vente.

La première cession d’un logement autre que la résidence principale

Un contribuable qui n’a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années precedentes peut, sous conditions, être exonéré lors de la première vente d’un autre logement, à hauteur de la fraction du prix remployée à l’acquisition ou la construction de sa résidence principale dans un délai de deux ans. Cette exonération ne peut être accordée qu’une seule fois.

Les petites cessions

Les ventes dont le prix n’excède pas 15 000 euros sont exonérées (ce seuil s’apprécie par bien et par cédant).

Les personnes âgées ou invalides de condition modeste

Sous conditions de ressources et de non-assujettissement à l’impôt sur la fortune immobilière, certaines personnes âgées ou invalides, ainsi que les résidents d’établissements spécialisés, peuvent bénéficier d’une exonération. Les plafonds de revenu fiscal de référence sont revalorisés chaque année : vérifiez le seuil applicable à votre situation avant de conclure.

Point de vigilance 2026Un amendement visant à réduire de 22 à 17 ans la durée de détention pour l’exonération des résidences secondaires a été discuté lors des débats budgétaires, mais n’a pas été retenu dans le texte définitif de la loi de finances pour 2026. Le régime applicable en 2026 reste donc bien celui de 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Restez attentif aux prochaines lois de finances.

7. Stratégies pour optimiser légalement

La plus-value se prépare en amont, parfois plusieurs années avant la vente :

Pour les investisseurs en location meublée, la logique est différente : le régime LMNP ou la société à l’IS modifient la mécanique des plus-values de sortie. Mieux vaut anticiper ce point dès le montage.

8. Questions fréquentes

La résidence principale est-elle vraiment exonérée à 100 pour cent ?

Oui, sans condition de durée, dès lors que le bien constitue votre résidence principale effective au jour de la vente. Les dépendances vendues en même temps (cave, garage, parking proche) suivent généralement le même régime.

À partir de combien d’années ne paie-t-on plus rien ?

L’impôt sur le revenu disparaît après 22 ans de détention. Les prélèvements sociaux ne disparaissent qu’après 30 ans. L’exonération totale, tous prélèvements confondus, est donc acquise à 30 ans.

Qui calcule et paie l’impôt sur la plus-value ?

C’est le notaire chargé de la vente qui établit la déclaration, retient l’impôt sur le prix et le reverse à l’administration. Le vendeur reçoit le net. Il est donc essentiel de vérifier le calcul avant la signature.

Les travaux que j’ai faits moi-même comptent-ils ?

Non. Seuls les travaux facturés par une entreprise sont retenus pour majorer le prix d’acquisition. Les matériaux achetés et posés par vous-même ne sont pas pris en compte, d’où l’intérêt du forfait de 15 pour cent après cinq ans.

Une SCI change-t-elle la donne ?

Une SCI à l’impôt sur le revenu applique le même régime de plus-value des particuliers, au prorata des parts. En revanche, une SCI à l’impôt sur les sociétés relève d’un régime totalement différent, souvent moins favorable à la sortie. Le choix se fait dès la création.

Pour aller plus loin

Anticipez votre fiscalité avant de vendre ou d’investir

Chaque situation merite un calcul précis : structure de détention, durée, travaux, surtaxe. Faisons le point ensemble avant que les décisions ne soient irreversibles.

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