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La location d’un logement classé G est interdite depuis le 1er janvier 2025, et la classe F suivra dès 2028. Pour un bailleur, le diagnostic de performance énergétique n’est plus une simple ligne dans le dossier : il conditionne le droit de louer, le niveau du loyer et la valeur du bien. Voici l’état du droit en 2026, sans approximation.
Le diagnostic de performance énergétique classe un logement de A (très performant) à G (très énergivore), en fonction notamment de sa consommation d’énergie primaire et de ses émissions de gaz à effet de serre. Pendant des années, le DPE n’était qu’une information remise au locataire ou à l’acheteur. Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, il est devenu un véritable critère juridique.
Concrètement, le DPE conditionne désormais la décence même du logement. Un bien trop énergivore cesse d’être considéré comme un logement décent au sens de la loi : le bailleur ne peut alors plus le proposer à la location tant qu’il n’a pas été rénové. On parle de passoire thermique pour les logements classés F et G.
La loi a fixé un calendrier progressif d’exclusion des logements les plus énergivores du marché locatif, en France métropolitaine. À chaque échéance, la classe concernée bascule dans la catégorie des logements non décents.
| Date | Classe interdite à la location (métropole) |
|---|---|
| Depuis le 1er janvier 2025 | Classe G |
| 1er janvier 2028 | Classe F |
| 1er janvier 2034 | Classe E |
Avant même cette gradation par lettre, un premier seuil s’applique depuis le 1er janvier 2023 : un logement dont la consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh par mètre carré et par an n’est plus considéré comme décent. Ce seuil vise les logements les plus extrêmes du parc.
L’interdiction joue pour les contrats conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à compter de la date d’échéance. Un bail en cours signé avant l’échéance n’est pas brutalement rompu, mais le locataire peut exiger des travaux de mise en conformité, et le bailleur ne pourra ni renouveler ni relouer le bien en l’état.
Beaucoup de bailleurs l’ignorent : avant même l’interdiction de louer, une autre mesure frappe les passoires thermiques. Depuis le 24 août 2022, toute augmentation de loyer est interdite pour les logements classés F et G du parc prive.
Cette interdiction couvre les principaux leviers d’augmentation :
Le loyer ne peut être augmenté que si des travaux de rénovation font sortir le bien du statut de passoire, c’est-à-dire lui permettent d’atteindre au moins la classe E, ce qui doit être démontré par un nouveau DPE réalisé après travaux.
Le DPE n’impacte pas seulement la location. En cas de vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété, un audit énergétique réglementaire, plus complet que le DPE, doit être remis à l’acquéreur. Son calendrier d’entrée en vigueur, en métropole, est le suivant :
| Date | Classes concernées par l’audit à la vente |
|---|---|
| Depuis le 1er avril 2023 | Classes F et G |
| Depuis le 1er janvier 2025 | Classe E |
| 1er janvier 2034 | Classe D |
L’audit propose des scénarios de travaux chiffrés pour atteindre une meilleure classe. Sa durée de validité est de cinq ans. Il doit être disponible dès la première visite et remis au plus tard à la signature de la promesse de vente.
Les petits logements étaient mécaniquement pénalisés par le mode de calcul du DPE, qui surpondérait la consommation d’eau chaude rapportée à la surface. Depuis le 1er juillet 2024, la méthode de calcul a été revue pour les logements de moins de 40 mètres carrés, avec des seuils d’étiquette ajustés.
Cette correction a permis à un volume important de petites surfaces de sortir des catégories F et G, et donc d’échapper aux interdictions. Si vous détenez un studio ou un petit deux-pièces diagnostiqué avant cette réforme, il peut être judicieux de vérifier si une nouvelle étiquette plus favorable vous est applicable.
Louer un logement devenu non décent expose à plusieurs conséquences. Le locataire peut saisir le juge pour exiger la réalisation des travaux de mise en conformité, voire une réduction ou une suspension du loyer le temps des travaux. Le juge peut également contraindre le bailleur sous astreinte.
Au-delà du contentieux, le risque est économique : un bien classé F ou G se loue plus difficilement, se vend avec une décote croissante et perd en liquidité à mesure que les échéances approchent. La performance énergétique est devenue un paramètre central de la valeur patrimoniale d’un bien locatif.
Exemple Un bailleur détient un appartement classé F loué 720 euros par mois. Depuis août 2022, il ne peut plus indexer ce loyer : sur trois ans, en supposant une indexation annuelle de l’ordre de 3 à 4 pour cent qu’il aurait pu appliquer sur un logement performant, le manque à gagner se chiffre déjà en plusieurs dizaines d’euros par mois. À l’approche de l’échéance 2028, soit il engage des travaux de rénovation pour atteindre au moins la classe E et retrouver le droit d’augmenter le loyer, soit il s’expose à ne plus pouvoir relouer le bien en l’état.
Face à ce cadre, l’attentisme est la pire des options. Plusieurs leviers existent pour sécuriser un investissement locatif.
Chaque situation mérite une analyse chiffrée : le bon arbitrage dépend du régime fiscal, de l’horizon de détention et de la trajectoire de loyer du bien.
Non. Le bail existant se poursuit, mais le logement est réputé non décent : le locataire peut exiger des travaux, et le bailleur ne pourra ni le relouer ni renouveler le bail en l’état à son terme.
Non, sauf si des travaux font sortir le bien du statut de passoire en lui faisant atteindre au moins la classe E, ce qui doit être prouvé par un nouveau DPE réalisé après travaux.
C’est possible. La réforme du 1er juillet 2024 a revu les seuils pour les logements de moins de 40 mètres carrés. Une attestation de nouvelle étiquette peut être obtenue sur l’observatoire de l’Ademe à partir du numéro du DPE.
Non, il s’ajoute au DPE pour les logements des classes concernées. L’audit, valable cinq ans, propose en plus des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer la performance du bien.
Non. Le calendrier d’interdiction de location y est décalé : classe G à compter de 2028 et classe F à compter de 2031, en raison d’un climat et d’un parc immobilier spécifiques.
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