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Depuis septembre 2025, les couples mariés ou pacsés ont par défaut un taux individualisé, et de nouvelles grilles de taux par défaut sont entrées en vigueur au 1er mai 2026. Trois taux coexistent, et choisir le bon peut changer votre trésorerie mois après mois. Voici comment vous y retrouver, sans jargon.
Le prélèvement à la source (PAS) consiste à payer votre impôt sur le revenu au fur et à mesure que vous percevez vos revenus, et non l’année suivante. Pour un salarié, l’employeur retient chaque mois un pourcentage sur le salaire net imposable et le reverse à l’administration. Pour un indépendant ou un propriétaire bailleur, l’administration prélève des acomptes mensuels ou trimestriels directement sur le compte bancaire.
Le point essentiel à retenir : le PAS n’est qu’une modalité de paiement. Il ne change ni le montant final de votre impôt, ni le calcul du barème. La régularisation a lieu chaque été, après la déclaration de revenus : si vous avez trop versé, vous êtes remboursé ; s’il reste un solde, il est prélevé à l’automne.
Le taux personnalisé est le taux de droit commun. Il est calculé par l’administration à partir de votre dernière déclaration de revenus et tient compte de l’ensemble de votre situation : revenus du foyer, nombre de parts de quotient familial, charges. C’est le taux qui reflète le mieux votre impôt réel.
Ce taux est actualisé chaque année en septembre, après la campagne déclarative. Le taux appliqué de septembre 2026 à août 2027 est ainsi calculé sur les revenus 2025 déclarés au printemps 2026.
C’est le grand changement entré en vigueur par défaut depuis septembre 2025, en application de la loi de finances pour 2024. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune se voient désormais attribuer automatiquement un taux individualisé : chaque conjoint a son propre taux, proportionnel à ses revenus personnels.
Attention à ne pas se méprendre : il ne s’agit pas d’une individualisation de l’impôt. L’impôt reste calculé sur l’ensemble des revenus du couple et le nombre de parts. Seule la répartition du paiement entre les deux conjoints change. Le total prélevé sur le foyer est identique.
Avec un taux unique du foyer, le conjoint aux revenus les plus modestes subissait un taux tiré vers le haut par les revenus de l’autre. L’individualisation corrige cet effet : chacun paie à hauteur de ce qu’il gagne réellement. Cela peut être particulièrement utile en cas d’écart de revenus important au sein du couple.
Le taux non personnalisé, souvent appele taux neutre ou taux par défaut, ne tient compte que du montant de votre salaire mensuel. Il ignore votre situation familiale et vos autres revenus. Il correspond schématiquement à la situation d’un célibataire sans personne à charge.
Il s’applique dans deux cas :
De nouvelles grilles de taux par défaut sont entrées en vigueur le 1er mai 2026. La loi de finances pour 2026 (loi du 19 février 2026) a revalorisé le barème de l’impôt sur le revenu de 0,90 %, hausse répercutée sur ces grilles. En métropole, aucun prélèvement n’est appliqué en dessous de 1 635 euros de salaire net imposable mensuel ; au-delà, le taux progresse par tranches, jusqu’à 43 % pour les rémunérations les plus élevées. Un abattement de 748 euros est prévu pour les contrats courts.
| Taux | Calcul par l’administration | Tient compte de la famille ? | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Personnalisé | Oui, d’après la dernière déclaration | Oui | Tout le monde, notamment les personnes seules |
| Individualisé | Oui, par conjoint selon ses revenus | Oui (au niveau du foyer) | Couples mariés ou pacsés (par défaut depuis 09/2025) |
| Non personnalisé (neutre) | Non, grille selon le seul salaire | Non | Début de contrat ou choix de confidentialité |
La question de l’individualisation ne se pose pas. Le taux personnalisé est votre référence. Vérifiez simplement qu’il est à jour après tout changement de revenus.
Le taux individualisé, désormais appliqué par défaut, est généralement le plus équitable : le conjoint aux revenus modestes n’est plus pénalisé par un taux trop élevé. Conserver ce réglage est souvent le bon choix.
L’individualisation change peu de chose, puisque les deux taux seront voisins. Le taux du foyer reste tout aussi pertinent ; c’est avant tout une question de préférence.
Le taux non personnalisé empêche votre employeur de deviner vos autres revenus. En contrepartie, si ce taux prélève moins que votre impôt réel, vous devrez verser un complément directement à l’administration. Si, à l’inverse, il prélève trop, vous serez remboursé à la régularisation.
Exemple Léa gagne 2 200 euros net imposable par mois, son conjoint Marc 4 800 euros. Au taux unique du foyer, le même pourcentage s’appliquait aux deux salaires, ce qui ponctionnait lourdement le salaire de Léa. Avec le taux individualisé appliqué par défaut depuis septembre 2025, Léa se voit appliquer un taux calculé sur ses 2 200 euros, plus faible, tandis que Marc supporte un taux plus élevé sur ses 4 800 euros. Le total prélevé sur le foyer reste identique à l’euro près : seule la répartition entre eux a changé, au bénéfice de la trésorerie de Léa.
Votre taux n’est pas figé pour douze mois. Deux leviers existent dans la rubrique Gérer mon prélèvement à la source de votre espace impots.gouv.fr.
Mariage, conclusion d’un Pacs, naissance, divorce, décès : ces événements doivent être déclarés dans les soixante jours. L’administration recalculé alors votre taux pour tenir compte de la nouvelle situation familiale.
Si vos revenus varient sensiblement, vous pouvez demander à ajuster votre taux. La modulation à la hausse est libre. La modulation à la baisse, en revanche, reste encadrée : elle n’est possible que si elle conduit à un écart de plus de 5 % entre le prélèvement estimé et celui qui résulterait du taux en vigueur. Ce seuil, abaissé de 10 % à 5 % par la loi de finances pour 2023, demeure applicable en 2026.
Les travailleurs indépendants et les propriétaires bailleurs ne sont pas prélevés par un tiers : ils versent des acomptes calculés par l’administration sur la base du dernier résultat connu, prélèvements mensuels ou trimestriels au choix. Ces acomptes suivent eux aussi votre taux personnalisé et peuvent être modulés en cas de variation d’activité.
Attention toutefois : certains revenus du patrimoine échappent au PAS et sont imposés séparément. Les dividendes et intérêts relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux), tandis que les revenus fonciers issus de la location nue supportent 17,2 % de prélèvements sociaux en plus de l’impôt sur le revenu. Le PAS ne couvre que la part impôt sur le revenu de ces revenus, selon des règles propres.
Non. Il repartit différemment le paiement entre les deux conjoints, mais le montant total prélevé sur le foyer reste identique. L’impôt est toujours calculé sur l’ensemble des revenus et le nombre de parts.
Non. L’individualisation ne concerne que les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune. Pour une personne seule, seul le taux personnalisé s’applique.
Le taux personnalisé transmis à l’employeur peut effectivement laisser deviner l’existence d’autres revenus. Si cela vous gêne, optez pour le taux non personnalisé : l’employeur applique alors une grille fondée sur le seul salaire, sans information sur votre situation.
Rendez-vous dans votre espace impots.gouv.fr, rubrique Gérer mon prélèvement à la source, et demandez une modulation à la baisse. Elle n’est acceptée que si l’écart dépasse 5 % entre le prélèvement estimé et le prélèvement actuel.
Les grilles de taux par défaut revalorisées de 0,90 % sont entrées en vigueur le 1er mai 2026. Le taux personnalisé, lui, est actualisé chaque année en septembre à partir de la dernière déclaration.
Estimez votre impôt et le taux adapté à votre situation, ou faites le point avec notre cabinet pour optimiser votre trésorerie tout au long de l’année.
Estimer mon impôt sur le revenu