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Le Plan d’Épargne Retraite est l’un des rares dispositifs qui permet a la fois de se constituer un capital pour la retraite et de réduire son impot dès l’année du versement. Encore faut-il comprendre comment l’avantage fonctionne, pour qui il est réellement intéressant, et ce qui se passe au moment de récupérer son argent.
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) a été créé par la loi PACTE de 2019 pour remplacer les anciens produits d’épargne retraite (PERP, contrat Madelin, article 83). C’est aujourd’hui le contrat de référence pour préparer financièrement sa retraite tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.
Le principe est simple : vous versez librement de l’argent sur votre PER pendant votre vie active. Cette épargne est investie (fonds en euros, unités de compte, gestion pilotée selon votre horizon) et reste bloquée jusqu’a la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. En contrepartie de ce blocage, l’État vous accorde un avantage fiscal a l’entrée.
Dans cet article, nous nous concentrons sur le PER individuel, celui que vous pouvez ouvrir vous-meme et alimenter pour réduire votre impot sur le revenu.
C’est l’attrait principal du PER : les versements volontaires sont, sur option, déductibles de votre revenu imposable. Concrètement, vous retirez les sommes versées de la base sur laquelle l’impot est calculé.
L’avantage est proportionnel a votre taux marginal d’imposition (TMI), c’est-a-dire le taux qui s’applique a la tranche la plus haute de vos revenus. Plus votre TMI est élevé, plus l’économie d’impot est forte.
Le barème 2026 (sur les revenus 2025) comporte cinq tranches : 0 pour cent, 11 pour cent, 30 pour cent, 41 pour cent et 45 pour cent. Les seuils sont revalorisés chaque année pour tenir compte de l’inflation (revalorisation de 0,9 pour cent pour 2026).
La déduction n’est pas illimitée. Pour les versements effectués’en 2026, le plafond se calcule sur vos revenus professionnels de 2025 et sur le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) de 2025, fixé a 47 100 euros.
Vous retenez le montant le plus favorable entre deux calculs :
| Profil | Plafond minimum 2026 | Plafond maximum 2026 |
|---|---|---|
| Salarié | 4 710 euros | 37 680 euros |
| Travailleur non salarié (TNS) | environ 4 700 euros | près de 89 000 euros |
Les travailleurs non salariés (gérants, professions libérales) bénéficient d’un plafond supérieur, complété par une fraction additionnelle calculée sur leurs revenus, ce qui peut porter le total maximal a plusieurs dizaines de milliers d’euros au-dela du plafond salarié.
Si vous n’utilisez pas tout votre plafond une année, la fraction non consommée n’est pas perdue. Elle est reportable. La loi de finances pour 2026 a allongé ce report : il passe de 3 a 5 ans pour les plafonds générés’a compter des revenus 2026, sans rétroactivité (les plafonds antérieurs restant soumis au report de 3 ans).
Par ailleurs, les couples mariés’ou pacsés soumis a imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds. L’un des conjoints peut ainsi utiliser le plafond inemployé de l’autre, sur simple demande dans la déclaration de revenus.
Exemple Un cadre célibataire, TMI a 41 pour cent, dispose d’un plafond de 8 000 euros qu’il a accumulé avec ses reports. Il verse 8 000 euros sur son PER en 2026. Son revenu imposable diminue d’autant et son impot baisse de 8 000 x 41 pour cent, soit 3 280 euros d’économie. Son effort d’épargne réel n’est donc que de 4 720 euros pour 8 000 euros placés sur son contrat.
L’avantage a l’entrée n’est pas un cadeau définitif : c’est un report d’imposition. Au moment de récupérer votre épargne, la fiscalité dépend de deux choix faits en amont (avoir ou non déduit les versements) et du mode de sortie (capital ou rente).
Le capital correspondant a vos versements est réintégré dans votre revenu imposable et soumis au barème progressif. Les gains (plus-values) sont, eux, taxés’au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 pour cent (12,8 pour cent d’impot plus 18,6 pour cent de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026).
Lorsque les versements ont été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères a titre gratuit : elle est imposée au barème de l’impot sur le revenu, comme une pension de retraite, après l’abattement de 10 pour cent applicable aux pensions. Des prélèvements sociaux s’appliquent par ailleurs, après’un abattement lié a l’age du rentier.
Le PER offre une option originale : renoncer a la déduction a l’entrée. Pourquoi s’en priver ? Parce que cela change radicalement la fiscalité de sortie.
| Option | A l’entrée | A la sortie (capital) |
|---|---|---|
| Versements déduits | Économie d’impot immédiate | Capital taxé au barème, gains a la flat tax |
| Versements non déduits | Aucun avantage immédiat | Capital exonéré d’impot, seuls les gains taxés’a la flat tax |
En cas de sortie en rente, le choix de l’option modifie aussi le régime applicable : la rente issue de versements non déduits relève des rentes viagères a titre onéreux, dont seule une fraction (variable selon l’age, par exemple 40 pour cent entre 60 et 69 ans) est imposée. Ne pas déduire a un sens pour un contribuable faiblement imposé aujourd’hui (TMI a 0 ou 11 pour cent), qui anticipe une retraite plus confortable. Pour la grande majorité des dirigeants et cadres imposés’a 30 pour cent ou plus, la déduction reste l’option la plus efficace.
Le PER est en principe bloqué jusqu’a la retraite, mais la loi prévoit des cas de déblocage anticipé. Ils se répartissent en deux familles.
Dans ces situations, le capital est exonéré d’impot sur le revenu (seuls les gains supportent les prélèvements sociaux).
C’est le seul cas de déblocage non lié a un accident de la vie. Attention : ici, la fiscalité s’applique. Les versements déduits débloqués sont soumis au barème et les gains a la flat tax (31,4 pour cent). Ce déblocage doit donc etre arbitré avec soin.
Le PER n’est pas un produit universel. Il s’adresse en priorité a certains profils.
A l’inverse, un contribuable non imposable ou faiblement imposé, ou qui a besoin de liquidités’a court terme, trouvera davantage de souplesse dans une assurance-vie ou un PEA. A noter enfin que, depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués’après 70 ans ne sont plus déductibles : passé cet age, l’intéret du PER est a réexaminer.
Le versement doit etre encaissé avant le 31 décembre pour etre déductible des revenus de l’année en cours. Un versement de fin décembre 2026 réduira l’impot payé en 2027 sur les revenus 2026.
Il figure sur votre dernier avis d’impot sur le revenu, dans la rubrique Plafond épargne retraite. Il inclut le plafond de l’année et les reports des années précédentes non utilisés.
Oui, rien n’interdit de détenir plusieurs PER. En revanche, le plafond de déduction global reste le meme : il s’apprécie tous PER confondus, pas par contrat.
Cela dépend de la nature du contrat (assurantiel ou compte-titres) et de l’age au décès. Le PER assurantiel bénéficie d’un régime proche de l’assurance-vie, avec des abattements transmis aux bénéficiaires désignés.
L’intéret fiscal a l’entrée est nul si vous n’etes pas imposé. Dans ce cas, mieux vaut souvent choisir l’option sans déduction, ou privilégier un autre support plus liquide. Un point avec votre conseiller permet de trancher.
Le PER est un excellent outil quand il est calibré sur votre situation fiscale réelle. Estimez votre impot et faisons le point ensemble sur la stratégie adaptée.
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