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Facturation électronique : le calendrier 2026-2027 et comment s’y préparer

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 5 août 2026.

La facturation électronique interentreprises devient obligatoire en France à partir du 1er septembre 2026. Toutes les entreprises assujetties à la TVA devront d’abord savoir recevoir une facture électronique, puis l’émettre selon un calendrier échelonné en fonction de leur taille. Le dispositif a été reporté plusieurs fois par la loi de finances : voici les dates réellement en vigueur, le fonctionnement du nouveau système, et surtout la marche à suivre concrète pour être prêt sans stress.

1. De quoi parle-t-on exactement ?

La réforme, portée par le Code général des impôts et précisée par plusieurs textes, poursuit trois objectifs affichés par l’administration : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les obligations déclaratives à terme et donner aux entreprises une vision plus fine de leur activité. Elle repose sur deux mécanismes qu’il faut bien distinguer, car ils ne concernent pas les mêmes flux.

Attention à une idée reçue fréquente : une facture PDF envoyée par courriel n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. La facture électronique est un fichier de données structurées, lisible automatiquement par les logiciels, et non une simple image.

2. Le calendrier officiel 2026-2027

Le calendrier a été décalé par rapport au projet initial, puis stabilisé par la loi de finances. Deux grandes étapes structurent le déploiement. Première étape, valable pour absolument toutes les entreprises assujetties à la TVA : l’obligation de recevoir des factures électroniques. Seconde étape, progressive : l’obligation d’émettre, qui dépend de la taille de l’entreprise.

ÉchéanceRéceptionÉmission et e-reporting
1er septembre 2026Toutes les entreprises assujetties à la TVAGrandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI)
1er septembre 2027(déjà en vigueur)Petites et moyennes entreprises (PME), très petites entreprises (TPE), microentreprises et indépendants

Autrement dit : dès le 1er septembre 2026, même le plus petit cabinet libéral ou le freelance seul doit être en capacité de recevoir une facture électronique de ses fournisseurs. En revanche, l’obligation d’émettre vos propres factures au format électronique n’arrive qu’au 1er septembre 2027 pour la très grande majorité de nos clients (professions de santé, indépendants, petites sociétés). Les grands groupes et les ETI, eux, doivent émettre dès septembre 2026.

Pour situer votre entreprise : une microentreprise compte moins de 10 salariés et jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ; une PME jusqu’à 250 salariés et 50 millions d’euros ; une ETI jusqu’à 5 000 salariés et 1,5 milliard d’euros. La quasi-totalité des professionnels libéraux, freelances et TPE relève donc de l’échéance de 2027 pour l’émission, mais de 2026 pour la réception.

3. Qui pilote le système : PDP et PPF

C’est le point qui a le plus évolué et qui prête à confusion. Le schéma initial reposait sur un portail public de facturation (PPF) qui aurait pu servir de plateforme gratuite de transmission des factures. Ce n’est plus le cas.

Conséquence très concrète pour vous : il n’y aura pas de solution publique entièrement gratuite pour émettre vos factures. Le recours à une PDP (directement ou via votre logiciel) devient incontournable. C’est un budget à anticiper, généralement modeste pour une TPE, mais réel.

4. Les formats de la facture électronique

Une facture électronique conforme doit respecter l’un des formats du socle prévu par la réforme. Vous n’avez pas à les maîtriser techniquement : votre logiciel et votre PDP s’en chargent. Il est toutefois utile de savoir de quoi on parle.

Le socle commun garantit que ces formats sont interopérables : une facture émise via une PDP dans l’un de ces formats pourra être reçue et lue par la PDP de votre client, quelle qu’elle soit. Pour la plupart de nos clients, Factur-X sera la solution naturelle, car elle préserve une facture lisible tout en respectant l’obligation.

5. Les nouvelles mentions obligatoires sur vos factures

La réforme ajoute quatre mentions obligatoires aux informations déjà exigées (identité, numéro de facture, date, désignation, montants, taux de TVA, etc.). Ces mentions sont indispensables au bon acheminement automatique de la facture. Il faudra donc les collecter et les intégrer à votre modèle de facture.

Nouvelle mentionCe qu’il faut indiquer
SIREN du clientLe numéro SIREN de votre client professionnel, en plus du vôtre. Il sert à identifier le destinataire dans l’annuaire central et à router la facture.
Adresse de livraisonL’adresse réelle de livraison des biens lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation. Cette donnée est utile pour la territorialité de la TVA.
Catégorie de l’opérationLa nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou opération mixte. Elle permet à l’administration d’appliquer les bonnes règles de TVA.
Option de paiement de la TVA sur les débitsLa mention explicite si vous avez opté pour l’exigibilité de la TVA d’après les débits plutôt que d’après les encaissements.

Ces mentions paraissent techniques, mais dans la pratique elles seront le plus souvent renseignées automatiquement par votre logiciel une fois vos fiches clients correctement remplies. D’où l’importance de la fiabilisation des données, abordée plus bas.

6. Ce que la réforme change pour votre trésorerie et votre TVA

Au-delà de l’aspect technique, ce nouveau système a des effets concrets sur la gestion. Anticiper ces points évite les mauvaises surprises.

7. Les sanctions prévues

Le dispositif s’accompagne d’un régime de sanctions, avec une phase de tolérance en pratique pour accompagner la montée en charge. Les montants annoncés donnent la mesure de l’enjeu.

L’esprit du texte n’est pas de sanctionner l’entreprise de bonne foi qui se met en conformité, mais de dissuader les négligences répétées. Se préparer en amont reste la meilleure protection.

8. Comment se préparer, étape par étape

La bonne nouvelle : la préparation se découpe en actions simples, étalées dans le temps. Voici la feuille de route que nous appliquons avec nos clients au cabinet.

Le maître mot est l’anticipation. Une entreprise qui commence sa préparation plusieurs mois avant son échéance aborde la bascule sans précipitation, alors qu’un démarrage au dernier moment expose à des blocages de facturation, donc à des retards d’encaissement.

Une facture PDF envoyée par courriel suffit-elle après la réforme ?

Non. Un simple PDF, même envoyé par courriel, n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Il faut un fichier de données structurées (Factur-X, UBL ou CII) transmis via une plateforme de dématérialisation partenaire. Le format Factur-X permet toutefois de conserver un rendu PDF lisible tout en respectant l’obligation.

Je suis une profession libérale seule, sans salarié : suis-je concerné en 2026 ?

Oui, mais uniquement pour la réception. Dès le 1er septembre 2026, vous devez être en capacité de recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs. L’obligation d’émettre vos propres factures au format électronique n’interviendra pour vous qu’au 1er septembre 2027.

Dois-je choisir une plateforme si mon logiciel gère déjà mes factures ?

Le plus souvent, votre éditeur de logiciel se raccorde lui-même à une PDP immatriculée : vous n’avez alors rien à installer de plus, mais il faut le vérifier auprès de lui. Si vous facturez sur tableur ou sur papier, vous devrez adopter une solution raccordée à une PDP.

Le portail public gratuit ne fait-il plus office de plateforme ?

Non. Le développement du portail public de facturation en tant que plateforme de transmission gratuite a été arrêté. Le portail public conserve un rôle d’annuaire central et de concentrateur de données, mais les factures transitent désormais par des plateformes partenaires privées.

Que se passe-t-il si je ne suis pas prêt à temps ?

Des sanctions sont prévues : notamment 15 euros par facture non émise au bon format et 250 euros par transmission d’e-reporting manquante, avec des plafonds annuels. Au-delà de l’amende, le vrai risque est opérationnel : ne plus pouvoir émettre ou recevoir de factures, et donc bloquer vos encaissements. La préparation en amont est la meilleure assurance.

Les factures aux particuliers sont-elles concernées ?

Elles ne relèvent pas de l’e-invoicing entre entreprises, mais de l’e-reporting : vous devrez transmettre à l’administration les données de ces ventes aux particuliers, selon le même calendrier que l’émission. Il en va de même pour les opérations avec des clients ou fournisseurs établis à l’étranger.

Prenez de l’avance sur la facturation électronique

Le cabinet Ascencia accompagne les professionnels de santé, indépendants, dirigeants de société et investisseurs dans le choix de leur plateforme, la mise en conformité de leurs factures et l’anticipation des impacts sur la TVA et la trésorerie. Prenez rendez-vous avec nous pour établir votre feuille de route personnalisée, sereinement et à votre rythme.

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