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Transmettre son patrimoine à ses enfants coûte d’autant moins cher que l’on s’y prend tôt. Entre les abattements renouvelables, le démembrement de propriété, l’assurance-vie et le pacte Dutreil, la fiscalité offre de vrais leviers, à condition de les activer à temps. Voici les dispositifs clés en 2026, et la logique pour les combiner.
Les droits de transmission sont progressifs : plus on transmet d’un coup, plus le taux grimpe. Or plusieurs abattements se reconstituent dans le temps. Donner régulièrement, tôt, permet donc de purger plusieurs fois ces abattements et de transmettre davantage en franchise de droits. C’est tout l’intérêt d’anticiper plutôt que de tout laisser à la succession.
Chaque parent peut donner à chacun de ses enfants 100 000 euros en franchise de droits, et cet abattement se reconstitue tous les 15 ans. Concrètement, un couple peut transmettre 200 000 euros par enfant tous les 15 ans sans aucun droit, en cumulant l’abattement de chaque parent.
Sur une vie, en commençant tôt, ce mécanisme permet de transmettre des sommes considérables sans fiscalité. C’est la pierre angulaire de toute stratégie de transmission.
À côté de l’abattement de 100 000 euros, il existe un dispositif spécifique aux dons d’argent, parfois appelé don Sarkozy : un abattement supplémentaire de 31 865 euros, cumulable avec le précédent et lui aussi renouvelable tous les 15 ans.
Deux conditions à respecter : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le donataire être majeur. Cumulé avec l’abattement de droit commun, un parent peut ainsi donner 131 865 euros à un enfant majeur en franchise totale de droits.
Le démembrement consiste à séparer la propriété en deux : la nue-propriété (le droit de disposer du bien) et l’usufruit (le droit d’en jouir et d’en percevoir les revenus). Donner la nue-propriété à ses enfants tout en conservant l’usufruit présente un double avantage.
D’abord, les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, qui dépend de l’âge de l’usufruitier selon le barème de l’article 669 du CGI : plus le donateur est jeune, plus la nue-propriété transmise est faible, donc moins de droits. Ensuite, au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement entre les mains des enfants, sans aucun droit supplémentaire.
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 51 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
Donner tôt la nue-propriété d’un bien réduit donc fortement l’assiette taxable, tout en gardant le contrôle et les revenus du bien de son vivant.
L’assurance-vie suit ses propres règles, en dehors des abattements de donation. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros avant taxation. C’est un outil puissant pour transmettre à des bénéficiaires choisis, y compris hors du cadre familial direct, avec une fiscalité allégée.
Quand le patrimoine comprend une entreprise, le pacte Dutreil est incontournable. Il permet une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis (donation ou succession), sous conditions d’engagements de conservation des titres et d’exercice d’une fonction de direction.
Seuls 25 % de la valeur de l’entreprise sont alors soumis aux droits, ce qui permet de transmettre un outil professionnel sans le mettre en péril. Le dispositif est exigeant sur la forme : les engagements doivent être rigoureusement respectés dans la durée, sous peine de remise en cause.
Exemple Un parent de 65 ans donne à son enfant la nue-propriété d’un bien valant 300 000 euros. Selon le barème de l’article 669, la nue-propriété représente 60 %, soit une assiette de 180 000 euros. Après l’abattement de 100 000 euros, seuls 80 000 euros sont taxés. Au décès du parent, l’enfant récupère la pleine propriété des 300 000 euros sans aucun droit supplémentaire.
L’abattement de 100 000 euros par parent et par enfant se reconstitue tous les 15 ans, tout comme le don familial de 31 865 euros. D’où l’intérêt de commencer tôt.
Oui. Pour un enfant majeur et un donateur de moins de 80 ans, on peut cumuler les deux, soit 131 865 euros par parent en franchise de droits.
Parce que les droits ne portent que sur la nue-propriété, dont la valeur dépend de votre âge, et qu’au décès la pleine propriété se reconstitue chez vos enfants sans droits supplémentaires.
Il vise la transmission de titres d’entreprise sous engagements de conservation et de direction. Sa mise en place demande un accompagnement précis pour sécuriser l’exonération de 75 %.
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