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CARCDSF 2026 : comprendre la retraite du chirurgien-dentiste et de la sage-femme

Par Mathieu Bouvard, expert-comptable inscrit à l’Ordre de Paris Île-de-France. Mis à jour le 27 août 2026.

Chirurgiens-dentistes et sages-femmes libéraux relèvent d’une même caisse de retraite, la CARCDSF, mais chacun dans sa propre section, avec ses règles et ses barèmes. Régime de base commun à tous les libéraux, régime complémentaire par section, prestations complémentaires de vieillesse pour les conventionnés, prévoyance invalidité-décès : votre protection sociale se construit par étages. Voici, de façon pédagogique et à jour des chiffres 2026, comment votre retraite se cotise et se calcule, et pourquoi ces montants méritent d’être anticipés dès votre installation.

1. La CARCDSF, une caisse pour deux professions

La Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF) est l’une des dix sections professionnelles de la CNAVPL, l’organisation nationale de retraite des professions libérales. Elle gère la retraite et la prévoyance de deux populations bien distinctes, réunies dans une seule structure mais dans deux sections séparées.

Comprendre cette architecture est essentiel : vos cotisations ne forment pas un bloc unique mais s’empilent régime par régime, et chaque régime obéit à sa propre logique de calcul.

2. Le régime de base, socle commun à tous les libéraux

Le régime de base (RBL) est géré selon des règles communes à l’ensemble des professions libérales. Il fonctionne par points et se cotise sur vos revenus professionnels non salariés de l’avant-dernière année, avec une régularisation une fois le revenu réel connu. En 2026, il repose sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 €.

TrancheAssiette 2026Taux
Tranche 1 (T1)Revenus jusqu’à 48 060 € (1 PASS)8,73 %
Tranche 2 (T2)Revenus jusqu’à 240 300 € (5 PASS)1,87 %

La tranche 2 se calcule sur la totalité du revenu, dans la limite de 5 PASS, ce qui explique que même un revenu modeste soit soumis aux deux taux. Une cotisation minimale d’environ 573 € s’applique aux revenus très faibles, afin de valider des trimestres. Ce régime de base est le même pour un chirurgien-dentiste et pour une sage-femme.

3. Le régime complémentaire, propre à chaque section

Au-dessus du socle, chaque section gère son propre régime complémentaire obligatoire (RC), qui pèse le plus lourd dans la cotisation d’un praticien installé. Il se compose d’une partie forfaitaire et d’une partie proportionnelle au revenu, et se traduit par l’acquisition de points revalorisés chaque année. La valeur de service du point complémentaire est fixée à 31,82 € pour 2026.

Composante 2026Chirurgien-dentiste et sage-femme
Cotisation forfaitaire3 210,60 €
Cotisation proportionnelle11,35 % du revenu
Assiette proportionnelleEntre 31 239 € (0,65 PASS) et 240 300 € (5 PASS)

4. Les prestations complémentaires de vieillesse pour les conventionnés

Le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV), historiquement appelé ASV pour les dentistes, récompense l’exercice en secteur conventionné avec l’Assurance maladie. Sa particularité est décisive : une part importante de la cotisation est prise en charge par les caisses d’assurance maladie, en contrepartie de votre conventionnement. Ce régime n’est dû que par les praticiens conventionnés.

PCV 2026Chirurgien-dentisteSage-femme
Cotisation forfaitaire à votre charge1 663,60 €260 €
Part prise en charge par l’Assurance maladieEnviron les deux tiersEnviron les deux tiers
Cotisation proportionnelle (dentiste)0,725 % du revenu (dans la limite de 5 PASS)—

Pour la sage-femme, la cotisation à sa charge (260 €) correspond à un tiers du montant total, les deux autres tiers étant financés par l’Assurance maladie dans le cadre de la convention. Nous vous conseillons de vérifier chaque année, sur votre appel de cotisations, que cette prise en charge est bien appliquée.

5. La prévoyance invalidité-décès

La CARCDSF ne gère pas que la retraite : elle assure aussi une protection en cas d’invalidité ou de décès, via le régime invalidité-décès (RID). Cette cotisation, forfaitaire, ouvre droit à une rente d’invalidité, à un capital ou une rente en cas de décès, et à des rentes pour le conjoint et les enfants. Les montants et les garanties diffèrent nettement entre les deux sections.

Régime invalidité-décès 2026Cotisation forfaitaire
Chirurgien-dentiste1 235 €
Sage-femme384 €

6. Les cotisations de début d’activité

Lors de vos deux premières années d’exercice, la caisse ne connaît pas encore votre revenu : les cotisations sont donc appelées sur des bases forfaitaires, puis régularisées une fois vos revenus réels déclarés. Cette mécanique surprend souvent les jeunes installés, qui reçoivent des régularisations parfois lourdes en troisième année.

Notre recommandation : provisionnez dès la première année l’équivalent des cotisations pleines, afin d’absorber sans douleur la régularisation qui interviendra une fois vos revenus réels connus.

7. Chirurgien-dentiste ou sage-femme : les différences à retenir

Si le régime de base et le régime complémentaire fonctionnent de façon très proche entre les deux sections, plusieurs éléments distinguent nettement votre situation selon votre profession.

8. La réforme de l’assiette sociale et vos cotisations 2026

À compter des cotisations 2026 assises sur les revenus 2025, la réforme de l’assiette sociale des travailleurs indépendants s’applique. Elle unifie le mode de calcul des cotisations et modifie l’articulation entre l’assiette de la CSG et celle des cotisations sociales, avec un objectif d’équité entre indépendants.

Les chiffres présentés ici sont ceux publiés pour 2026 ; en cas de doute sur votre situation personnelle, référez-vous à votre appel de cotisations et au simulateur de la caisse, ou faites le point avec nous.

La CARCDSF est-elle la même caisse pour les dentistes et les sages-femmes ?

Oui, c’est une caisse unique mais organisée en deux sections distinctes. Le régime de base est commun, tandis que le régime complémentaire, la PCV et la prévoyance obéissent à des barèmes propres à chaque profession.

Comment sont calculées mes cotisations les deux premières années ?

La caisse appelle des cotisations sur des bases forfaitaires, faute de connaître votre revenu réel. Une régularisation intervient ensuite une fois vos revenus déclarés. Il est prudent de provisionner dès la première année pour absorber cette régularisation.

Qu’est-ce que la PCV et pourquoi est-elle avantageuse ?

La PCV, ou ASV pour les dentistes, est le régime des prestations complémentaires de vieillesse réservé aux praticiens conventionnés. Son intérêt est que l’Assurance maladie prend en charge une large part de la cotisation, en contrepartie de votre conventionnement.

Le plafond de la Sécurité sociale 2026 change-t-il mes cotisations ?

Oui. Le PASS 2026, fixé à 48 060 €, sert de référence à toutes les tranches. Il détermine les seuils du régime de base, l’assiette du régime complémentaire et le plafond de 5 PASS au-delà duquel vous ne cotisez plus.

La cotisation invalidité-décès suffit-elle à me protéger ?

Elle constitue une base, mais les rentes servies restent souvent limitées. Un contrat de prévoyance privé, généralement en loi Madelin, vient compléter cette couverture pour protéger réellement votre revenu et votre famille.

La réforme 2026 va-t-elle augmenter mes cotisations ?

La réforme de l’assiette sociale modifie surtout le mode de calcul. À revenu identique, le montant appelé peut varier, avec une part de solidarité qui ne crée pas de droits. Un suivi avec votre comptable permet d’anticiper l’effet sur votre trésorerie.

Anticipez votre retraite et vos cotisations sereinement

Chirurgien-dentiste ou sage-femme, votre protection sociale se pilote comme votre activité. Le cabinet Ascencia vous aide à comprendre vos appels CARCDSF, à provisionner vos cotisations et à optimiser votre rémunération. Prenez rendez-vous Ascencia pour faire le point.

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