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La CARMF, Caisse autonome de retraite des médecins de France, gère à elle seule la protection vieillesse et la prévoyance de tout médecin exerçant en libéral. Trois régimes se superposent, chacun avec ses règles, ses taux et son propre calcul de points, ce qui rend la lecture de l’appel de cotisations souvent déroutante. Ce guide fait le point sur les montants 2026 et sur le mécanisme, essentiel à comprendre, de la régularisation décalée qui piège tant de médecins en début d’activité. Objectif : vous permettre d’anticiper votre trésorerie et de savoir ce que vous préparez pour votre retraite.
Dès lors que vous percevez des honoraires en libéral, même en complément d’une activité salariée à l’hôpital, vous relevez obligatoirement de la CARMF. L’affiliation est automatique dans le mois qui suit le début d’activité, et la radiation ne devient effective qu’à la cessation réelle. La cotisation se décompose en trois étages successifs, auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès.
Un point de repère indispensable pour 2026 : le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) s’établit à 48 060 euros. La plupart des tranches de cotisation s’expriment en multiples de ce plafond.
Le régime de base est proportionnel au revenu professionnel non salarié, sur deux tranches en 2026 :
| Tranche | Assiette | Taux 2026 | Points acquis |
|---|---|---|---|
| Tranche 1 | Jusqu’à 48 060 euros (1 PASS) | 8,73 % | 450 points au maximum |
| Tranche 2 | De 48 060 à 240 300 euros (5 PASS) | 1,87 % | 100 points au maximum |
La cotisation maximale du régime de base atteint environ 8 690 euros en 2026. Point important : ce régime est appelé à titre provisionnel sur le revenu de l’avant-dernière année (N-2), puis régularisé dès que le revenu réel de l’année est connu. Nous revenons plus loin sur ce mécanisme, qui est la source principale des mauvaises surprises de trésorerie.
C’est le cœur de la retraite du médecin. Le régime complémentaire est proportionnel, sans forfait, mais avec un plafond plus bas que le régime de base.
Le taux du régime complémentaire a sensiblement augmenté ces dernières années dans le cadre du redressement des comptes de la caisse. Contrairement au régime de base, la cotisation complémentaire n’est pas régularisée après coup : elle est calculée sur le revenu de l’année N-2 et reste définitivement acquise à cette base.
L’ASV ne concerne que les médecins conventionnés. Il finance une part significative de la pension totale, et c’est le seul régime pour lequel l’Assurance maladie participe directement. La cotisation comprend une part forfaitaire et une part proportionnelle au revenu conventionné.
| Élément 2026 | Secteur 1 | Secteur 2 |
|---|---|---|
| Cotisation forfaitaire | 1 917 euros | 5 751 euros |
| Part proportionnelle | 1,3333 % du revenu (dans la limite de 5 PASS) | 4 % du revenu (dans la limite de 5 PASS) |
| Prise en charge Assurance maladie | Deux tiers de la cotisation | Aucune |
La différence entre les deux secteurs est considérable. En secteur 1, l’Assurance maladie prend en charge les deux tiers de la cotisation ASV, en contrepartie du respect des tarifs conventionnels. Vous ne supportez donc qu’un tiers du forfait et de la part proportionnelle, l’économie annuelle se chiffrant en milliers d’euros. En secteur 2, le médecin acquitte l’intégralité, forfait plus élevé compris. Cette prise en charge est un argument souvent sous-estimé lorsque l’on compare l’intérêt du conventionnement secteur 1.
Au-delà de la retraite, la CARMF assure une prévoyance obligatoire couvrant l’incapacité, l’invalidité et le décès. Elle sert notamment des indemnités journalières après un délai de carence, une rente d’invalidité, un capital décès et des rentes de conjoint et d’enfants.
C’est le point le plus mal compris, et le plus dangereux pour la trésorerie. La CARMF, comme l’URSSAF, ne connaît pas votre revenu réel avant qu’il ne soit déclaré. Les cotisations sont donc appelées provisoirement, puis ajustées avec deux ans de décalage.
Concrètement, un médecin qui s’installe et dégage un bon revenu dès la première année paiera peu au départ, puis recevra en troisième année une régularisation lourde portant sur les revenus réels des deux premières années. Cette régularisation se cumule avec la cotisation courante, elle-même en hausse puisque désormais calculée sur un revenu établi. Le pic de charge en début de carrière est bien réel.
La retraite CARMF se liquide à partir de l’âge légal, avec application du taux plein selon la durée d’assurance ou l’âge d’annulation de la décote, dans les conditions de droit commun relevées progressivement. Le montant dépend des points acquis dans chaque régime, multipliés par la valeur de service du point.
| Régime | Valeur de service du point 2026 |
|---|---|
| Régime complémentaire vieillesse | 77,14 euros |
| Régime ASV | 11,82 euros |
La CARMF n’est pas un sujet que l’on regarde une fois par an au moment de l’appel. Quelques réflexes évitent les mauvaises surprises.
Oui. Toute activité libérale, même accessoire, entraîne l’affiliation obligatoire à la CARMF, indépendamment de votre statut salarié par ailleurs. Les cotisations libérales et salariales se cumulent, chacune ouvrant des droits distincts.
Parce que les deux premières années sont appelées sur une base forfaitaire réduite. Quand votre revenu réel est connu, la caisse régularise rétroactivement et réclame la différence, qui s’ajoute à la cotisation courante désormais calculée sur un revenu établi. D’où l’importance de provisionner dès le début.
Le secteur 2 supporte un forfait plus élevé (5 751 euros contre 1 917 euros en 2026) et une part proportionnelle de 4 % contre 1,3333 %. Surtout, le secteur 1 bénéficie d’une prise en charge des deux tiers de la cotisation par l’Assurance maladie, ce que ne perçoit pas le secteur 2.
Elle repose sur un système de points. Chaque régime vous attribue des points selon vos cotisations, et la pension correspond au nombre de points multiplié par la valeur de service, soit 77,14 euros pour le complémentaire et 11,82 euros pour l’ASV en 2026, à laquelle s’ajoute le régime de base.
Oui, les cotisations obligatoires des trois régimes sont déductibles de votre bénéfice non commercial. Cette déduction diminue votre revenu imposable et, par ricochet, vos cotisations sociales des années suivantes, ce qui rend leur bonne comptabilisation stratégique.
Le régime invalidité-décès de la CARMF verse des indemnités journalières après un délai de carence, puis une rente d’invalidité si l’incapacité perdure. Ces prestations étant plafonnées, un contrat de prévoyance complémentaire est souvent conseillé pour préserver votre niveau de revenu.
Le cabinet Ascencia accompagne les médecins libéraux de Paris et d’ailleurs pour anticiper les régularisations CARMF, optimiser la déductibilité des cotisations et sécuriser leur retraite. Prenons rendez-vous pour construire ensemble une stratégie claire et chiffrée.